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  <title>Weblogue de Michel DESMOULIN</title>
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<item rdf:about="http://desmoulin.net/index.php?2010/03/02/212-sur-xynthia-et-la-gestion-du-risque">
  <title>Sur Xynthia et la gestion du risque.</title>
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  <dc:creator>michel desmoulin</dc:creator>
  <dc:subject>Coup de gueule</dc:subject>
  <description>Brouage, pour ceux qui ne connaissent pas, est un ancien port de guerre, construit à la demande du Cardinal de Richelieu qui voulait en faire une pièce importante de son dispositif stratégique pour conquérir La Rochelle, « la huguenote ». 
Aujourd’hui, si vous vous rendez à Brouage, au...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Brouage, pour ceux qui ne connaissent pas, est un ancien port de guerre, construit à la demande du Cardinal de Richelieu qui voulait en faire une pièce importante de son dispositif stratégique pour conquérir La Rochelle, «&nbsp;la huguenote ». <br />
Aujourd’hui, si vous vous rendez à Brouage, au nord de Marennes, vous serez surpris de constater qu’avec la baisse du niveau de la mer, cet ancien port fortifié est à environ deux kilomètres à l’intérieur des terres. Aujourd’hui, car le 1er mars, dimanche, au plus fort de la tempête qui a ravagé la région, Brouage devait avoir recouvré sa vocation de  port maritime. Je ne peux que l’imaginer car je n’ai trouvé aucune information particulière dans la presse ou sur le net. <br />
Si mes pensées sont allées immédiatement vers cette magnifique citadelle située assez loin du littoral, c’est parce que sa situation illustre le caractère évolutif des marais, des dépôts sableux, de l’océan poussé par des vents violents, un jour de forte marée. <br />
Météo-France avait, en temps voulu, indiqué que la tempête serait violente et placé les quatre départements en vigilance rouge, ce qui est très rare. Celle de 1999, qui avait fait des dégâts considérables, devait normalement être dans toutes les mémoires et notamment dans celle des élus et des fonctionnaires concernés. Or, les décisions qui, à l’évidence, compte tenu de la coïncidence entre la force du vent et le coefficient de la marée, auraient dû être prises ne l’ont pas été. <br />
Pourquoi les préfets, le haut fonctionnaire de la zone de défense, qui disposent de plans pour ce cas de figure, n’ont rien fait et sont restés dans leurs lits comme les habitants pris, à 5 heures du matin, au piège de la mer qui monte, qui monte de plus de deux mètres à certains endroits qui sont au niveau de la mer et ne sont pas protégés? <br />
Prendre les décisions qui s’imposent, c’est difficile, car il s’agit d’organiser l’évacuation de populations qui n’en voient pas la nécessité et, dans de nombreux cas, refusent purement et simplement de s’exécuter. <br />
En Louisiane, cette absence de décision avait causé la mort de très nombreuses personnes. Au Pays-Bas, comme son nom l’indique, les protections et les plans d’urgence sont parfaitement prévus et ne posent, jusqu’ici, aucun problème. Dans le même temps, au Japon, les autorités japonaises, qui craignaient un tsunami, n’ont pas hésité à évacuer près de 320 000 personnes dans les régions les plus menacées. Le risque, heureusement, ne s’est pas réalisé. Les autorités ont alors présenté leurs excuses pour cet excès de précaution. Ce pays a la mémoire de ses catastrophes naturelles et une organisation de protection civile adaptée et rigoureusement appliquée. <br />
En France, l’Etat, les élus locaux, les habitants, qui n’ignorent pas qu’ils habitent dans des zones à risque, vont, trop tard et inutilement, polémiquer et probablement ne rien faire jusqu’à la prochaine fois. Autoriser des constructions si des digues et protections n’ont pas été exécutées préalablement est une faute. Avoir connaissance d’un risque, comme le 1er mars, et ne rien faire est une faute administrative. Dépenser des milliards d’euros pour une pandémie grippale qui ne se développe pas et ne pas évacuer des populations quand le risque est connu, est incohérent. <br />
Un grand préfet de la République m’avait dit en 1982&nbsp;: «&nbsp;Vous verrez, les lois de décentralisation seront la plus importante révolution législative dans notre pays. » Avant cette date, les permis de construire étaient délivrés par le représentant de l’Etat dans chaque département. Depuis, ce sont les maires qui délivrent ces autorisations. On sait ce qu’il en est dans de nombreux cas !<img src="/images/brouage2.jpg" alt="" /></p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://desmoulin.net/index.php?2010/02/28/211-le-sport-et-lentreprise">
  <title>Le sport et l’entreprise.</title>
  <link>http://desmoulin.net/index.php?2010/02/28/211-le-sport-et-lentreprise</link>
  <dc:date>2010-02-28T12:00:47+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>michel desmoulin</dc:creator>
  <dc:subject>EDITORIAL</dc:subject>
  <description>L’actualité offre chaque jour l'occasion de comparer les méthodes de gestion des ressources humaines dans les entreprises et dans le domaine du sport. J’ai déjà consacré un certain nombre de billets aux vertus du sport et à l’insuffisant benchmarking des entreprises dans ce domaine. 
Un...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>L’actualité offre chaque jour l'occasion de comparer les méthodes de gestion des ressources humaines dans les entreprises et dans le domaine du sport. J’ai déjà consacré un certain nombre de billets aux vertus du sport et à l’insuffisant benchmarking des entreprises dans ce domaine. <br />
Un certain nombre d’entreprises, qui rencontrent de sérieuses difficultés dans la gestion du stress de leur personnel, du suivi individuel, de la motivation, de la reconnaissance des efforts, - je n’aurai pas la cruauté de citer ces entreprises, elles font l’actualité – seraient bien inspirées de regarder ce qui se fait dans le domaine du sport qui n’est d’ailleurs pas homogène. <br />
Il existe de grandes différences entre la gestion et l’animation de l’équipe de France de hand-ball, de rugby, de judo, ou, ces jours-ci de biathlon aux JO de Vancouver et celles de l’équipe de France de football – ces dernières années – de l’équipe de ski alpin ou du patinage artistique. Ces différences sautent aux yeux.<br />
Les éducateurs – les vrais – savent, car ils l’ont appris dès leur plus jeune âge, que face aux difficultés, il faut chercher à comprendre avant de juger, qu’il faut fabriquer de la confiance et de la motivation, inspirer le respect, offrir le droit à l’erreur, soutenir celui qui a une défaillance, valoriser le groupe, apprendre à ne rien lâcher, à ne pas se résigner et à partager les succès. Ces valeurs sont celles que partagent les équipes qui gagnent, pas seulement les équipes sportives que j’ai citées et que les téléspectateurs voient évoluer, il en est de même pour certaines entreprises gérées dans le même esprit. <br />
Le sport peut-il être  cette «&nbsp;grande métaphore managériale mobilisatrice », comme se le demandait récemment la revue "L’Expansion  Management Review" dans un article rapporté par le journal "Le Monde" du 16 février dernier? J’ai déjà raconté dans quelles circonstances j’avais pu vérifier le bien fondé de cette méthode de management. Pour que le sport puisse constituer une référence pour l’entreprise, il faut que plusieurs conditions soient réunies&nbsp;: Tout d’abord, que le chef d’entreprise comprenne et croit aux valeurs mobilisatrices du sport. C’est un préalable indispensable, car peu nombreux sont les chefs d’entreprises qui, après de longues études qui poussent à l’individualisme et au chacun pour soi, aiment le sport. <br />
Il faut ensuite que l’encadrement partage la même culture d’entreprise et le besoin de s’inspirer des concepts qui ont fait leurs preuves dans le domaine du sport. Il faut, enfin, que le personnel échappe à l’individualisme dominant, aux «&nbsp;coups tordus », au star système, à la triche et adhère avec enthousiasme à des objectifs collectifs et à la méthode pour les atteindre. <br />
Les expériences, pourtant très réussies et saluées par la presse, que j’ai faites dans ce domaine, avec des éducateurs sportifs de très haut niveau, n’ont pas, ou peu, connu de suite. Je le regrette d’autant plus que les rares initiatives dont j’ai eu connaissance ressemblaient plus à des manifestations de relations publiques, à des spectacles, à des récompenses, qu’à des actions de sensibilisation et de formation. <br />
Si les entreprises françaises, grandes et petites, veulent continuer à concourir dans la cour des grands et remporter des médailles aux JO de l’économie mondiale, une prise de conscience, pour ne pas dire un virage culturel, est urgent.</p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://desmoulin.net/index.php?2010/01/19/210-camus-et-son-instituteur">
  <title>Camus et son instituteur</title>
  <link>http://desmoulin.net/index.php?2010/01/19/210-camus-et-son-instituteur</link>
  <dc:date>2010-01-19T21:41:10+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>michel desmoulin</dc:creator>
  <dc:subject>Coup de coeur</dc:subject>
  <description>Albert Camus était né le 7 novembre 1913 à Mondovi dans le département de Constantine ; il y aura bientôt cent ans. Sa mère était servante. Son père, tué dans la Marne, dix mois après sa naissance, était ouvrier agricole. 
« Je n’ai pas appris la liberté dans Marx…,...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Albert Camus était né le 7 novembre 1913 à Mondovi dans le département de Constantine&nbsp;; il y aura bientôt cent ans. Sa mère était servante. Son père, tué dans la Marne, dix mois après sa naissance, était ouvrier agricole. <br />
«&nbsp;Je n’ai pas appris la liberté dans Marx…, disait-il, je l’ai apprise dans la misère. <br />
Un homme, Louis Germain, son instituteur, en décidant de le présenter à l’examen des bourses du secondaire, offre à Camus la chance de sortir de sa condition. La suite, on la connaît. Ce qui est moins connu, même s’il y est souvent fait allusion, c’est le magnifique échange de lettres entre Camus et son instituteur après le Nobel reçu en 1957. <br />
Pour ceux et celles qui ne connaissent pas ces lettres et qui n’ont pas lu «&nbsp;Le premier homme » -édité par Gallimard en 1994, les voici.<br /></p>

<pre>19 novembre 1957<br /></pre>

<p>
Cher Monsieur Germain,<br /></p>


<p>J’ai laissé s’éteindre un peu le bruit qui m’a entouré tous ces jours-ci avant de venir vous parler de tout mon cœur. On vient de me faire un bien trop grand honneur, que je n’ai ni recherché, ni sollicité. Mais quand j’en ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. Je ne me fais pas un monde de cette sorte d’honneur. Mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l’âge, n’a pas cessé d’être votre reconnaissant élève. Je vous embrasse de toutes mes forces<br /></p>


<p>Albert Camus<br /></p>



<p>Alger, ce 30 avril 1959<br /></p>


<p>Mon cher petit,<br /></p>


<p>Adressé de ta main, j’ai bien reçu le livre Camus qu’a bien voulu me dédicacer son auteur Monsieur J.-Cl.Brisville.<br /></p>


<p>Je ne sais t’exprimer la joie que tu m’as faite par ton geste gracieux ni la manière de te remercier. Si c’était possible, je serrerais bien fort le grand garçon que tu es devenu et qui resteras toujours pour moi «&nbsp;mon petit Camus ».<br /></p>


<p>Je n’ai pas encore lu cet ouvrage, sinon les premières pages. Qui est Camus&nbsp;? J’ai l’impression que ceux qui essayent de percer ta personnalité n’y arrivent pas tout à fait. Tu as toujours montré une pudeur instinctive à déceler ta nature, tes sentiments. Tu y arrives d’autant mieux que tu es simple, direct. Et bon par-dessus le marché&nbsp;! Ces impressions, tu me les a données en classe. Le pédagogue qui veut faire consciencieusement son métier ne néglige aucune occasion de connaître ses élèves, ses enfants, et il s’en présente sans cesse. Une réponse, un geste, une attitude sont amplement révélateurs. Je crois donc bien connaître le gentil petit bonhomme que tu étais, et l’enfant, bien souvent, contient en germe l’homme qu’il deviendra. Ton plaisir d’être en classe éclatait de toutes parts. Ton visage manifestait l’optimisme. Et à t’étudier, je n’ai jamais soupçonné la vraie situation de ta famille. Je n’en ai eu qu’un aperçu au moment où ta maman est venue me voir au sujet de ton inscription sur la liste des candidats aux Bourses. D’ailleurs, cela se passait au moment où tu allais me quitter. Mais jusque là tu me paraissais dans la même situation que tes camarades. Tu avais toujours ce qu’il te fallait. Comme ton frère, tu étais gentiment habillé. Je crois que je ne puis faire un plus bel éloge de ta maman.<br /></p>


<p>Pour en revenir au livre de monsieur Brisville, il porte une abondante iconographie. Et j’ai eu l’émotion très grande de connaître, par son image, ton pauvre Papa que j’ai toujours considéré comme «&nbsp;mon camarade ». Monsieur Brisville a bien voulu me citer&nbsp;: je vais l’en remercier.<br /></p>


<p>J’ai lu la liste sans cesse grandissante des ouvrages qui te sont consacrés ou qui parlent de toi. Et c’est une satisfaction très grande pour moi de constater que ta célébrité (c’est l’exacte vérité) ne t’avait pas tourné la tête. Tu es resté Camus&nbsp;: bravo.<br /></p>


<p>J’ai suivi avec intérêt les péripéties multiples de la pièce que tu as adaptée et aussi montée&nbsp;: Les Possédés. Je t’aime trop pour ne pas te souhaiter la plus grande réussite&nbsp;: celle que tu mérites. Malraux veut, aussi, te donner un théâtre. Je sais que c’est une passion chez toi. Mais…vas-tu arriver à mener à bien et de front toutes ces activités&nbsp;? Je crains pour toi que tu n’abuses de tes forces. Et, permets à ton vieil ami de le remarquer, tu as une gentille épouse et deux enfants qui ont besoin de leur mari et papa. A ce sujet, je vais te raconter ce que nous disait parfois notre directeur d’Ecole normale. Il était très, très dur pour nous, ce qui nous empêchait de voir, de sentir, qu’il nous aimait réellement. «&nbsp;La nature tient un grand livre où elle inscrit minutieusement tous les excès que vous commettez. »J’avoue que ce sage avis m’a souventes fois retenu au moment où j’allais l’oublier. Alors dis, essaye de garder blanche la page qui t’est réservée sur le Grand Livre de la nature.<br /></p>


<p>Andrée me rappelle que nous t’avons vu et entendu à une émission littéraire de la télévision, émission concernant Les Possédés. C’était émouvant de te voir répondre aux questions posées. Et, malgré moi, je faisais la malicieuse remarque que tu ne te doutais pas que, finalement, je te verrai et t’entendrai. Cela a compensé un peu ton absence d’Alger. Nous ne t’avons pas vu depuis pas mal de temps…<br /></p>


<p>Avant de terminer, je veux te dire le mal que j’éprouve en tant qu’instituteur laïc, devant les projets menaçants ourdis contre notre école. Je crois, durant toute ma carrière, avoir respecté ce qu’il y a de plus sacré dans l’enfant&nbsp;: le droit de chercher sa vérité. Je vous ai tous aimé et crois avoir fait tout mon possible pour ne pas manifester mes idées et peser ainsi sur votre jeune intelligence. Lorsqu’il était question de Dieu (c’est dans le programme), je disais que certains y croyaient, d’autres non. Et que dans la plénitude de ses droits, chacun faisait ce qu’il voulait. De même, pour le chapitre des religions, je me bornais à indiquer celles qui existaient, auxquelles appartenaient ceux à qui cela plaisait. Pour être vrai, j’ajoutais qu’il y avait des personnes ne pratiquant aucune religion. Je sais bien que cela ne plait pas à ceux qui voudraient faire des instituteurs des commis voyageurs en religion et, pour être plus précis, en religion catholique. A l’Ecole normale d’Alger (installée alors au parc Galland), mon père, comme ses camarades, était obligé d’aller à la messe et de communier chaque dimanche. Un jour, excédé par cette contrainte, il a mis l’hostie «&nbsp;consacrée » dans un livre de messe qu’il a fermé&nbsp;! Le directeur de l’Ecole a été informé de ce fait et n’a pas hésité à exclure mon père de l’école. Voilà ce que veulent les partisans de «&nbsp;l’Ecole libre » (libre…de penser comme eux). Avec la composition de la Chambre des députés actuelle, je crains que le mauvais coup n’aboutisse. Le Canard enchaîné  a signalé que, dans un département, une centaine de classes de l’Ecole Laïque fonctionnent sous le crucifix accroché au mur. Je vois là un abominable attentat contre la conscience des enfants. Que sera-ce, peut-être, dans quelques temps&nbsp;? Ces pensées m’attristent profondément.<br /></p>


<p>Mon cher petit, j’arrive au bout de ma quatrième page&nbsp;: c’est abuser de ton temps et te prie de m’excuser. Ici, tout va bien. Christian, mon beau-fils, va commencer son 27ème mois demain !<br /></p>


<p>Sache que, même lorsque je n’écris pas, je pense souvent à vous tous.<br /></p>


<p>Madame Germain et moi vous embrassons tous quatre bien fort. Affectueusement à vous.<br /></p>


<p>Germain Louis<br /></p>


<p>Je me rappelle la visite que tu as faite, avec tes camarades communistes comme toi, dans notre classe. Tu étais visiblement heureux et fier du costume que tu portais et de la fête que tu célébrais. Sincèrement, j’ai été heureux de votre joie, estimant que si vous faisiez la communion, c’est que cela vous plaisait&nbsp;? Alors…<br /></p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://desmoulin.net/index.php?2010/01/09/209-l-union-pour-la-mediterranee-est-en-panne">
  <title>L'Union pour la Méditerranée est en panne.</title>
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  <dc:date>2010-01-09T20:06:28+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>michel desmoulin</dc:creator>
  <dc:subject>EDITORIAL</dc:subject>
  <description>Le Président de la République, dans le discours qu’il avait prononcé devant les ambassadeurs le 26 août 2009, avait été très clair. « Il n’y aura pas de paix entre Israël et les Palestiniens si la colonisation se poursuit », avait-il dit. « C’est une erreur de penser...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Le Président de la République, dans le discours qu’il avait prononcé devant les ambassadeurs le 26 août 2009, avait été très clair. «&nbsp;Il n’y aura pas de paix entre Israël et les Palestiniens si la colonisation se poursuit », avait-il dit. «&nbsp;C’est une erreur de penser qu’on peut continuer un processus de colonisation et espérer la paix. » C’est pourtant ce qui s’est passé. Non seulement la colonisation n’a pas cessé mais elle s’est intensifiée. Dans ces conditions, on est d’ailleurs en droit de se demander si Israël veut vraiment la paix mais c’est une autre histoire. <br />
Le Président de la République, qui s’est donné tant de mal le 14 juillet 2008 pour réunir tous les pays concernés par le projet d’Union pour la Méditerranée, ne peut que constater, une fois de plus, comme pour le Processus de Barcelone, que ce beau projet, vital des deux cotés de la Méditerranée, bute sur l’absence de solution au conflit israélo-palestinien. Dans le même discours, il s’était engagé à prendre des initiatives, à l’automne 2009, et à proposer à tous les pays membres de l’UPM de tenir un deuxième sommet qui aurait accompagné la reprise des négociations de paix. Il doit se rendre à l’évidence, aucun responsable arabe des Affaires étrangères ne veut s’asseoir à la même table que le ministre israélien Avigdor Lieberman. L’Union pour la Méditerranée est donc en panne. <br />
L’Espagne, très concernée par la relance de ce projet, va tenter de remotiver ses partenaires européens pendant sa présidence de l’Union européenne, au premier semestre de 2010, mais la tâche sera ardue, pour ne pas dire impossible. Au Caire, il y a quelques jours, il n’y avait pas grand monde autour du ministre français Bernard Kouchner. L’Egypte boude depuis que son candidat à la direction générale de l’UNESCO n’a pas été choisi, l’Algérie depuis le début, fait plus que traîner les pieds, la Turquie aussi, à sa façon. Les Jordaniens et les Tunisiens, quant à eux, espèrent des postes de vice-président ou de secrétaire général. Bref, il ne reste que "la petite cuisine, dans la petite casserole" . Les grandes ambitions sont retombées&nbsp;; on se contentera dans un proche avenir de quelques initiatives qui ne fâchent pas pour l’emploi, les femmes, l’énergie solaire, la dépollution de la Méditerranée. <br />
Confronté à la dure réalité, le Président de la République ne peut que regretter les mots très durs qu’il avait eus pour ses prédécesseurs qui n’avaient pas été capables de faire avancer ce dossier. Les mêmes causes produisent souvent les mêmes effets&nbsp;!</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://desmoulin.net/index.php?2009/12/27/208-bonne-annee-2010">
  <title>Bonne année 2010</title>
  <link>http://desmoulin.net/index.php?2009/12/27/208-bonne-annee-2010</link>
  <dc:date>2009-12-27T19:02:56+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>michel desmoulin</dc:creator>
  <dc:subject>Coup de coeur</dc:subject>
  <description>Je souhaite une très bonne et heureuse année à tous ceux - et toutes celles- nombreux, de plus en plus nombreux, qui me font l'honneur de visiter ce modeste blog. 
Allons, cette année 2009 se termine moins mal qu'elle n'avait commencée. Le "génie" de la finance internationale, qui avait...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Je souhaite une très bonne et heureuse année à tous ceux - et toutes celles- nombreux, de plus en plus nombreux, qui me font l'honneur de visiter ce modeste blog. <br />
Allons, cette année 2009 se termine moins mal qu'elle n'avait commencée. Le "génie" de la finance internationale, qui avait plongé le monde dans une crise qui prenait au fil des jours tous les signes d'une grande Dépression de triste mémoire, a été annihilé en partie par la compétence des banques centrales et la rapidité de la mise en oeuvre des plans de relance. <br />
Le G2 ( USA-Chine), comme on pouvait le pressentir et comme le sommet de Copenhague vient de le confirmer, dirige le monde, préoccupé essentiellement - j'allais écrire uniquement -par la défense de ses intérêts. <br />
Il faut cependant être optimiste et avoir toujours confiance dans le génie de l'homme. Les lumières de la salle de conférence de Copenhague à peine éteintes, le journal "Le Monde", dans sa livraison du 26 décembre, révèle que deux chercheurs américains viennent de présenter un "arbre artificiel" capable de piéger le CO2. S'il s'avérait possible, dans un monde où l'électricité propre, d'origine nucléaire, serait abondante et bon marché, "de produire des carburants de synthèse à partir de l'hydrogène obtenu par électrolyse de l'eau et ainsi de réinjecter dans l'atmosphère du carbone qui en aurait préalablement été ôté", la science et le génie des hommes auraient, une fois de plus, répondu de manière optimiste à la question si souvent posée aux étudiants: "Science sans conscience....." <br />
C'est le voeu que l'on peut formuler!!!</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://desmoulin.net/index.php?2009/12/02/207-berlin-un-miracle-permanent">
  <title>Berlin : « un miracle permanent »</title>
  <link>http://desmoulin.net/index.php?2009/12/02/207-berlin-un-miracle-permanent</link>
  <dc:date>2009-12-02T16:20:55+01:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>michel desmoulin</dc:creator>
  <dc:subject>EDITORIAL</dc:subject>
  <description>C’est Maurice Couve de Murville, le ministre des Affaires étrangères du Général de Gaulle, qui disait que Berlin était une ville à part, « un miracle permanent ». Toutes les menaces, tous les risques ont été concentrés dans cette ville pendant des décennies. Depuis le 8 mai 1945,...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>C’est Maurice Couve de Murville, le ministre des Affaires étrangères du Général de Gaulle, qui disait que Berlin était une ville à part, «&nbsp;un miracle permanent ». Toutes les menaces, tous les risques ont été concentrés dans cette ville pendant des décennies. Depuis le 8 mai 1945, la ville était en effet partagée en quatre et occupée par les forces alliées. 387 000 hommes, dont 50 000 français et 233 000 soldats américains, constituaient les Forces alliés. C’était une charge financière considérable et contraignante, mais nécessaire, pour être en mesure de riposter à une éventuelle attaque des forces du Pacte de Varsovie&nbsp;; attaque qui aurait signifié une bataille de l’avant, dans une bande étroite, fortement urbanisée, avec une escalade pouvant aller jusqu’à l’usage de l’arme nucléaire, car l’Alliance n’aurait pas résistée longtemps aux armes conventionnelles soviétiques. Il y avait alors, en ce lieu, la plus forte concentration de forces de l’Histoire. <br />
Ville symbole de la puissance, puis de la défaite du IIIème Reich, Berlin inquiétait et fascinait à la fois tous ceux de ma génération. Le mur, Check Point Charlie, l’avenue Unter den Linden, le stade olympique de sinistre mémoire, l’imposant Palais de la République construit par les Allemands de l’est à l’emplacement de l’ancien palais des Hohenzollern, à deux pas d’Alexanderplatz, la très haute Tour de la Télévision, symbolisaient le fossé qui séparait les deux blocs. <br />
C’est au début de l’année 1987 que je m’y suis rendu pur la première fois. La deuxième phase du programme de l’IHEDN, l’Institut des hautes études de défense nationale, était alors consacrée à l’environnement international. Conçue pour permettre aux auditeurs d’analyser les principales tendances qui pourraient peser sur l’évolution de la situation internationale au cours des vingt prochaines années, cette phase comportait notamment un voyage en République Fédérale d’Allemagne et à Berlin. Il s’agissait d’approfondir notre connaissance du cadre dans lequel s’inscrivait la sécurité immédiate de notre pays. Nous nous rendîmes tout d’abord à Bonn, pour des entretiens avec les représentants des ministères fédéraux de la Défense et des Relations extérieures, puis à Coblence, où nous assistâmes à une présentation du IIIème Corps d’Armée allemand, et enfin à Berlin. <br />
Depuis le 15 janvier 1987 les relations entre les USA et l’URSS connaissaient un tournant. La concurrence remplaçait peu à peu l’hostilité. Le redouté KGB n’était plus qu’une légende et l’armée soviétique vivait dans le souvenir de son glorieux passé. Le voyage dans le couloir aérien, à basse altitude, en Transall, chahuta les estomacs les plus résistants et mit la session en condition avant d’atterrir à Berlin-Tegel. Notre installation au Quartier Napoléon, à proximité de l’emplacement où Goering avait son bunker, nous plongea très vite dans l’histoire de l’Allemagne nazie. <br />
En relisant les notes que j’ai prises à l’époque, je constate qu’en 1987, deux ans avant la chute du mur, les experts que nous avions rencontrés faisaient état «&nbsp;du réveil des peuples assujettis d’Europe de l’Est », déclaraient «&nbsp;qu’il fallait être très attentifs à l’évolution amorcée par Gorbatchev, car les peuples, en URSS, étaient de plus en plus conscients de leur identité ». Le gouverneur militaire du secteur français, le général de division Cavaro nous avait dit que «&nbsp;Depuis quinze ans, il n’y avait pas eu de crise grave. Avec le temps, on oublie le mur, même si les soviétiques provoquent régulièrement des incidents. La ville prépare son 750ème anniversaire sans savoir si elle souhaite une «&nbsp;unification » ou une «&nbsp;réunification ». Les soviétiques ne cherchent pas une crise grave, mais encourage une érosion de l’accord quadripartite et l’intégration du secteur soviétique à la RDA. » Les conférences et nos entretiens portaient sur le désarmement, l’armement nucléaire tactique du champ de bataille, et le projet IDS, de «&nbsp;guerre des étoiles », des Américains. Les experts nous disaient&nbsp;: «&nbsp;On ne peut que croire la Russie, on ne peut la comprendre par l’intelligence. <br />
A Check Point Charlie, les vopos avaient examiné nos pièces d’identité à travers les vitres du car. Autorisés à faire quelques pas dans les rues, nous avions remonté l’avenue Unter den Linden, admiré Berliner Dome, la cathédrale de Berlin, visité le musée Pergamon et surtout constaté, avec un certain étonnement, qu’en dehors des abords de la place Marx-Engels, les immeubles étaient délabrés, dans le même état, ou presque, qu’en 1945. Comme dans l’immobilier, il y avait un quartier témoin&nbsp;! A l’ouest, nous avions visité et déjeuné au Reichstag,  passé la soirée au Philharmonique, dîné dans un restaurant du Kurfürstendamm et rencontré de nombreuses personnalités officielles. <br />
J’ai le souvenir d’avoir demandé au chef de cabinet du Bourgmestre, pourquoi, en 1987, il y avait encore tant de terrains nus immenses, autour de Postdamer Platz, c’est-à-dire du centre historique de la ville qui n’était qu’un grand vide avec le No Man’s Land entre les murs de séparation à l’Est, et un terrain vague à l’Ouest. Il me répondit&nbsp;: «&nbsp;Quand la ville sera réunifiée, il faudra avoir la liberté de concevoir un plan d’urbanisme cohérent ». Pour le spécialiste de la construction, que je suis, cette réponse, prophétique et de grande sagesse, est restée gravée dans ma mémoire. <br />
Fin novembre 1989, quelques jours après l’ouverture du mur, le Figaro m’invita à «&nbsp;Vivre l’actualité à Berlin ». J’acceptai volontiers et proposai à mon fils, en troisième année de droit, de m’accompagner. Les meilleures «&nbsp;plumes » du Figaro firent le déplacement&nbsp;: Alain Peyrefitte, Antoine Pierre Mariano, Alice Saunié-Seïté, Hélène de Turckheim, Patrick Wajsman, André Brincourt, Frantz Olivier Giesbert, Jacques Jacquet-Francillon, Annie Kriégel, Pierre Darcourt, Hélène Carrère-d’Encausse. Bref, toute la rédaction du Figaro entourait le vice-président du directoire, Philippe Villin et Jean-Paul Picaper, l’envoyé spécial permanent du journal en RFA. Installés à l’hôtel Intercontinental Schweizerhof, sur la Budapester Strasse, un programme chargé de conférences et de visites nous attendait. Une première conférence, dès notre arrivée, sur «&nbsp;l’espoir et les nouvelles réalités allemandes », réunit toute la délégation dans le grand salon Ambassador de l’hôtel. Le lendemain matin, après le petit déjeuner, des ateliers furent organisés, dans des petits salons&nbsp;: Le journal parlé de Antoine Pierre Mariano, en direct&nbsp;; «&nbsp;la révolution Gorbatchévienne et sa contagion », par Annie Kriégel. «&nbsp;«Gorbatchev a t-il créé la révolution à Berlin », par Hélène Carrère-d’Encausse, retint particulièrement notre attention. Nous fûmes invités ensuite à passer à Berlin-Est par le Check Point Charlie et à découvrir ce que les occidentaux n’avaient pas le droit de voir mais que j’avais vu en 1987 avec l’IHEDN. Chacun voulait emporter, en souvenir, un morceau de mur couvert de graffitis, parfois très artistiques. Il régnait une joie intense. Après le déjeuner, de nouveaux ateliers nous furent proposés avant le départ pour le Reichstag, où le Président du Parlement, monsieur Juergen Wohlrabe nous reçut et prononça une allocution à laquelle répondit Philippe Villin, le directeur du Figaro. Au dîner de gala, dans les salons du Reichstag, je croisai mon camarade de session à l’IHEDN, le général Jean Guinard, qui commandait les Forces françaises à Berlin à ce moment là. Avant de rentrer à Paris, ivres du spectacle des retrouvailles de ce peuple, nous fûmes invités à visiter le Palais Charlottenburg et le musée égyptien. <br />
Nous rentrâmes à Paris avec le sentiment d’avoir vécu un moment que nous n’oublierions jamais. Avec cet événement, le XXème siècle en avait sans doute fini avec le nationalisme et les totalitarismes. L’année se termina donc dans la joie, même si la perspective d’une grande Allemagne réunifiée faisaient peur à certains qui, comme François Mauriac, aimaient tellement l’Allemagne qu’ils préféraient en avoir deux…</p>


<p><img src="/images/01424-Berlin  1989.jpg" alt="" /><img src="/images/185-1989 devant le mur de Berlin.jpg" alt="" /><img src="/images/0255- Berlin-1986.jpg" alt="" /></p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://desmoulin.net/index.php?2009/10/04/206-sur-la-motivation-suite">
  <title>Sur la motivation (suite)</title>
  <link>http://desmoulin.net/index.php?2009/10/04/206-sur-la-motivation-suite</link>
  <dc:date>2009-10-04T17:14:27+02:00</dc:date>
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  <dc:creator>michel desmoulin</dc:creator>
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  <content:encoded><![CDATA[ <p>Avec Jean Férignac, nous engageâmes une réflexion pour donner une suite au séminaire du Cap d’Agde. Il n’était pas facile de renouveler le thème. L’idée me vint naturellement d’en parler à mon ami, le général Raymond Germanos, qui dirigeait alors le SIRPA, le service de communication des Armées. Serait-il possible de faire traiter par les militaires de haut rang, les mêmes thèmes que ceux qui avaient été abordés si brillamment par des sportifs de haut niveau. Le général Germanos désigna le colonel Michel Nielly, un de ses adjoints, qui fut séduit par l’idée. <br />
Pour le lieu de ce nouveau séminaire, le choix se porta rapidement sur l’EIS, l’ancien Bataillon de Joinville, qui a ses installations à Fontainebleau. Jean Férignac proposa que les mêmes thèmes soient traités cette année, mais par l’association d’un sportif et d’un militaire qui animeraient les équipes en duo et donneraient aux sujets traités des éclairages différents. Il fallait chercher les militaires disponibles et motivés pour une expérience de cette nature. C’est le colonel Nielly qui se chargea de cette difficile détection&nbsp;; difficile, car les ego et fortes personnalités sont compliqués à associer, sans parler du vieux fond d’antimilitarisme des sportifs issus le plus souvent de l’éducation nationale. <br />
Il me proposa&nbsp;: le colonel Cartron, Saint-Cyrien, qui avait choisi les Troupes de Marine, commandé des pelotons d’AMX, commandé le prestigieux Régiment de Marche du Tchad et depuis peu effectuait son temps d’état-major à Paris&nbsp;; le chef d’escadron Lionel Chesneau, Saint-Cyrien ayant choisi la gendarmerie, commandait le GIGN depuis le 1er septembre 1989&nbsp;; le lieutenant-colonel Henri Schlienger, qui, après l’école de l’air, avait commandé de nombreuses escadrilles, participé à la défense de Djamena en 1987 et totalisait déjà plus de 2000 heures de vol sur Mirage&nbsp;; le capitaine de vaisseau du Puy Montbrun, sous-marinier, qui venait de commander l’équipage bleu de «&nbsp;L’INFLEXIBLE », le sous-marin nucléaire lanceur d’engins et faisait maintenant son temps d’état-major à la force océanique stratégique&nbsp;; le colonel Claude Carré, Saint-Cyrien, chasseur alpin, qui avait fait Science Po en même temps que l’Ecole de guerre, avait commandé le 24ème régiment d’infanterie au Liban, et commandait alors le Prytanée militaire de La Flèche. <br />
Le 5 septembre 1990, le personnel commercial fut réuni à l’Ecole Inter-Armée des Sports de Fontainebleau. J’introduisis ce qui était un peu notre «&nbsp;Université d’été » en ces termes&nbsp;: «&nbsp;Comme tous ceux qui veulent gagner, vous vous demandez&nbsp;: «&nbsp;Comment font ceux qui réussissent&nbsp;? Quel est leur secret&nbsp;? Est-ce qu’il y a une méthode pour réussir&nbsp;? Comment être le meilleur&nbsp;? Le personnel était impatient d’entendre les réponses à ces questions. <br />
Le proviseur du Prytanée militaire, le colonel Carré, qui traita du dépassement de soi, fut à la fois très drôle en exhibant un short acheté au «&nbsp;Vieux Campeur », qui portait la mention&nbsp;: «&nbsp;Le short du dépassement de soi », et très sérieux en expliquant ce qu’était la maitrise de soi et l’oubli de soi. Son expérience au Liban venant à l’appui de son exposé. Le commandant Du Puy Montbrun, d’une voix faible, car on parle doucement à bord des sous marins nucléaires, passionna l’auditoire quand il expliqua le rôle de chacun dans un bâtiment de cette nature, et l’importance, à certain moment, du moins gradé qui devient plus important que le «&nbsp;Pacha ». Le colonel Cartron, chargé de parler de l’éthique, trouva les mots qui convenaient pour convaincre l’auditoire «&nbsp;qu’il était nécessaire d’avoir une éthique et de lui obéir&nbsp;; d’avoir des règles de comportement, des règles de vie, et de les comprendre. » <br />
J’avais également convié à participer à cette journée, mon ami Pierre Chouzenoux, directeur des affaires sociales chez ELF. Je lui avais demandé d’être le médiateur, le grand témoin, sur un sujet qu’il connaissait parfaitement. Il le fit admirablement comme tout ce qu’il fait. Son intervention fut lumineuse. Elle trouve toute sa place dans ce billet&nbsp;: «&nbsp;J’ai apporté un petit livre, dit-il, un livre de philosophie, ce qui n’est pas habituel dans un débat de cette nature. C’est un livre de Vladimir Jankélévitch&nbsp;: Le «&nbsp;Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien. » Le troisième tome s’intitule&nbsp;: «&nbsp;La volonté de vouloir. » Je vais vous en lire quelques lignes&nbsp;: «&nbsp;L’oiseau n’est pas un docteur ès sciences qui puisse expliquer pour ses confrères le secret du vol. Pendant qu’on discute sur son cas, l’hirondelle, sans autres explications, s’envole devant les docteurs ébahis…Et de même qu'il n’y a pas de volonté savante qui puisse expliquer à l’Académie le mécanisme de la décision&nbsp;: mais, en moins de temps qu’il faut pour dire le monosyllabe Fiat, l’oiseau Volonté a déjà accompli le saut périlleux, le pas aventureux, le vol héroïque du vouloir&nbsp;; la volonté, quittant le ferme appui de l’être, s’est déjà élancée dans le vide. » Et la dernière phrase de ce petit ouvrage est la suivante&nbsp;: «&nbsp;Pour vouloir, il n’est pas nécessaire d’être un athlète, (Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Jankélévitch !) il ne faut que le vouloir. Mais il faut le vouloir. » Et Pierre Chouzenoux de conclure son intervention&nbsp;: «&nbsp;Comment peut-on vouloir vouloir&nbsp;? La motivation ne s’enseigne pas. Elle ne se décrète pas. Comment aider à se motiver&nbsp;? Quels sont les outils, les méthodes&nbsp;? Les sportifs ont énormément à apprendre à l’entreprise. Alors écoutons-les. » <br />
Comme il avait si bien su le faire au Cap d’Agde, Michel Hidalgo fit une synthèse tout à fait remarquable des divers exposés&nbsp;: «&nbsp;Pour gagner, quelques conditions doivent être réunies&nbsp;: la passion, le plaisir, la considération, l’estime, le professionnalisme, la fierté d’appartenance et la confiance verticalement et horizontalement. »  Il rappela la loi de Murphy&nbsp;: «&nbsp;Si ça peut rater, ça ratera&nbsp;! ». Il expliqua que l’homme est cent fois plus motivé par ses propres idées que par celles des autres. <br />
J’avais invité également un chercheur, monsieur Missoum, qui s’était spécialisé dans l’étude de ces sujets. Il expliqua très bien la nécessité de se bien connaître. De connaître ses points forts, comme ses points faibles. La nécessité de ne pas se laisser distraire, d’apprendre à se concentrer. Le bon vendeur doit être très organisé, doit savoir gérer l’anxiété, résister au stress. <br />
L’après-midi fut consacré aux épreuves sportives&nbsp;: VTT, tir, natation, tennis, volley. Les vendeurs, répartis par équipes, encadrées chacune par un sportif et un militaire, se livrèrent à une lutte acharnée que l’association inhabituelle des animateurs rendit encore plus originale. Les qualités humaines des officiers supérieurs, habitués à «&nbsp;soutenir le moral des troupes », associées à l’esprit de compétition des meilleurs sportifs français, donnèrent aux acteurs de cette journée une idée de ce que signifie «&nbsp;fabriquer de la motivation ». <br />
Les cadres de COGEDIM, notamment, furent impressionnés par cette forme de benchmarking, qui ne disait pas encore son nom, et la similitude des situations. Il s’agit toujours de se fixer des objectifs, de définir les moyens pour avoir une chance de les atteindre et de réaliser ce mélange très particulier de la motivation individuelle et de la motivation collective. <br />
Au lendemain de cette journée, un peu assombrie par la montée des périls au Koweït, la presse se montra élogieuse sur l’originalité de la formule, la recherche expérimentale sur le sujet et la réaction du personnel, particulièrement séduit par une rencontre aussi enrichissante avec des expériences aussi diverses.
<img src="/images/1990 à Fontainebleau 2.jpg" alt="" /><img src="/images/Fontainebleau.jpg" alt="" /></p>]]></content:encoded>
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  <title>Sur la motivation</title>
  <link>http://desmoulin.net/index.php?2009/10/04/205-sur-la-motivation</link>
  <dc:date>2009-10-04T16:57:47+02:00</dc:date>
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  <dc:creator>michel desmoulin</dc:creator>
  <dc:subject>Je me souviens...</dc:subject>
  <description>Il y a vingt ans, très peu d’entreprises faisaient appel à des sportifs de haut niveau pour motiver leur personnel. C’est par le plus heureux des hasards qu’à l’issue d’un agréable diner entre amis, auquel m’avait convié mon ami Jean Férignac, ancien gardien de but de l’équipe...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>Il y a vingt ans, très peu d’entreprises faisaient appel à des sportifs de haut niveau pour motiver leur personnel. C’est par le plus heureux des hasards qu’à l’issue d’un agréable diner entre amis, auquel m’avait convié mon ami Jean Férignac, ancien gardien de but de l’équipe de France de hand-ball, ancien proviseur du lycée de Font Romeu, mon condisciple au lycée d’Angoulême au début des années cinquante, l’idée surgit de concevoir un concept nouveau de motivation du personnel. <br />
Il me proposa de choisir le Cap d’Agde et en particulier les installations de Pierre Barthes, l’ancien joueur français de Coupe Davis, qui avait créé une des meilleures écoles de tennis d’Europe, comme lieu où se déroulerait le séminaire envisagé. L’idée maîtresse consistait à faire «&nbsp;plancher » de grands sportifs connus et reconnus pour leurs qualités d’éducateurs, sur les thèmes suivants qui trouvent leur application dans l’animation d’une force de vente&nbsp;: la performance individuelle, le dépassement de soi, l’esprit d’équipe, l’éthique. <br />
Le projet consistait à déplacer cette force de vente pendant deux jours. Le premier soir, à l’arrivée sur place, en fin de journée, serait consacré à faire connaissance et à expliquer le but du stage. Le lendemain, après avoir constitué des équipes, faire manager celles-ci par les sportifs à l’occasion d’épreuves de golf, de ball-trap, de voile, de tennis, de 4x4, pour montrer, in situ, en quoi consiste la gestion d’une équipe par un spécialiste, comment il s’y prend pour motiver l’équipe dont il a la charge. J’adhérai très vite à ce projet original, qui, à notre connaissance, n’avait aucun précédent de cette envergure. <br />
Les sportifs sollicités, très désireux de sortir de leurs disciplines et de trouver d’autres applications à leur savoir-faire, furent aussi enthousiastes que moi. Pour l’organisation, je confiai une mission à Jean-Charles Ribera et je fixai la date du séminaire aux 11 et 12 septembre 1989. <br />
Jean Férignac m’avait conseillé, pour éviter les a priori, de créer un effet de surprise en ne dévoilant pas à l’avance  le programme et le lieu du séminaire. Au Cap d’Agde, le personnel de vente découvrit donc les visages de ces sportifs de haut niveau, connus, qui avaient accepté de participer à cette expérience, car il s’agissait bien d’une expérience. En ouverture, j’expliquai, en ces termes, le but de ce séminaire, l’esprit dans lequel il avait été conçu et le programme de ces deux jours&nbsp;: «&nbsp;Que vous aimiez le sport, que vous le pratiquiez ou non, pour réussir, il faut avoir, même sans le savoir, l’état d’esprit des sportifs. C’est cet état d’esprit qui permet de gagner, de réussir. Il y a dans les vertus du sport, des vertus qui conduisent à la réussite. On les connaît&nbsp;; c’est le courage, la loyauté, l’esprit d’équipe, une persévérance à toute épreuve et une grande volonté. » <br />
A travers les exposés, remarquablement préparés, le personnel comprit très vite le parallèle qui pouvait être fait, pour chaque thème, entre les préoccupations des sportifs, dans l’exercice de leur discipline, et les problèmes rencontrés dans la vie quotidienne d’une force de vente. Joël Bouzou, champion du monde de pentathlon moderne, le premier, traita de la performance individuelle avec ce qu’elle comporte de volonté et de persévérance. Pierre Villepreux, ancien arrière de l’équipe de France de rugby, entraîneur du Stade Toulousain, montra, avec humour, comment réduire l’incertitude et ne laisser qu’un minimum de place au hasard pouvait être difficile avec un ballon ovale. Jean-Luc Rougé, champion du monde de judo, directeur technique national de cette discipline, expliqua aux vendeurs que le dépassement de soi suppose d’abord de bien se connaître. «&nbsp;Une équipe, un groupe qui veut réussir, en sport comme à COGEDIM, ne doit avoir qu’une seule idée en tête&nbsp;: gagner », expliqua Pierre Dao, ancien sélectionneur de l’équipe de France de basket-ball, en prenant des exemples vécus. Enfin, Michel Hidalgo, ancien sélectionneur de l’équipe de France de football, eut la lourde tâche de traiter de l’éthique. Il le fit avec une éloquence, des qualités humaines, des qualités de cœur, que les vendeurs n’imaginaient pas de la part d’un sportif de haut niveau. <br />
A la fin des exposés, il fut procéder dans, l’excitation générale, au tirage au sort des équipes et quelques invités vinrent exprimer leur sentiment sur ce qu’il venait d’entendre. Pierre Barthès, notre hôte, dit avec beaucoup d’humilité et d’humour&nbsp;: «&nbsp;J’ai entendu des choses formidables ce soir. Quel plaisir d’avoir été parmi vous. Je voudrais vous parler de la défaite. Les «&nbsp;grands » sont ceux qui ont su se servir de la défaite pour grandir. Les autres trouvent toujours des excuses. Avez-vous remarqué qu’au tennis, on ne bat jamais quelqu’un en bonne santé, on bat toujours quelqu’un qui a une excuse. Alors, comme je n’ai pas préparé mon intervention, je vous demande de m’excuser&nbsp;! » Bernard Roth, président de COGEDIM PARIS et Philippe Baudillon, diplomate, énarque, qui n’était pas encore le directeur général de France Télévision, trouvèrent également les mots pour dire toute l’importance qu’ils accordaient à cette rencontre et à la force qui s’était dégagée des témoignages de ces hommes qui étaient avant tout de grands éducateurs. <br />
Le débat, pendant le diner, fut animé. Un vendeur peu complexé, assez imprévisible, m’interrogea sur la fixation des objectifs à laquelle, selon lui, les vendeurs ne participaient pas suffisamment. Je lui répondis&nbsp;: «&nbsp;En ma qualité «&nbsp;d’entraineur » de COGEDIM, que si nous ne demandions pas aux vendeurs de participer à la fixation des objectifs, c’est tout simplement pour que ceux-ci ne soient pas trop élevés. Nous les fixons à peu de choses près au niveau où nous savons que vous pouvez les atteindre » Je profitai de cette dernière intervention pour expliquer à nos invités, mais aussi à l’ensemble des vendeurs, que nous étions habitués à nous parler «&nbsp;vrai », à nous exprimer librement, en confiance et dans le respect de chacun. Contrairement au domaine sportif, dont nous venions de parler longuement, les marges de progression des vendeurs sont grandes quand la conjoncture le permet, beaucoup plus grandes que pour les sportifs. <br />
La presse, régulièrement à l’écoute de ces sportifs, couvrit l’événement. Le quotidien Libération, notamment, consacra une page entière à ce séminaire d’une nature nouvelle. Le journaliste, Luc Le Vaillant, qui nous avait accompagnés, rapporta des témoignages de vendeurs enthousiastes et donna la parole à Jean Férignac, sans qui ce séminaire n’aurait pas été possible&nbsp;: «&nbsp;Depuis notre plus jeune âge, nous sommes dans le monde de la performance. Dans les affaires, la compétition devient rude. Nous avons beaucoup à apporter. »  Des magazines spécialisés dans l’action commerciale, la gestion du personnel, le management, s’intéressèrent au sujet. L’objectif que je m’étais fixé fut atteint et même largement dépassé. <br />
J’écris ce billet au moment où la France découvre les drames que peut causer, dans une entreprise, une gestion des relations humaines qui ne sait pas mettre l’homme au centre de ses préoccupations. Quelques entreprises, trop rares, font appel, épisodiquement, à un éducateur sportif qui a fait ses preuves. Ce n’est pas suffisant. Les entreprise devraient consacrer beaucoup plus de temps et d’efforts, dans la durée, à motiver leur personnel intelligemment au lieu de gérer les commerciaux comme des robots et leur faire dire des textes passe-partout, souvent inadaptés et qui font rire plus qu’ils ne sont efficaces.
<img src="/images/séminaire Cogedim.jpg" alt="" /><img src="/images/01411- au Cap d&#039;Agde.jpg" alt="" /><img src="/images/au Cap d&#039;Agde.jpg" alt="" /></p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://desmoulin.net/index.php?2009/08/30/204-les-enjeux-strategiques-de-la-conference-de-copenhague">
  <title>Les enjeux stratégiques de la Conférence de Copenhague.</title>
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  <dc:date>2009-08-30T14:46:41+02:00</dc:date>
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  <dc:creator>michel desmoulin</dc:creator>
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  <description>La presse parle beaucoup de la grippe, à juste titre ; elle revient sans cesse sur les bonus des traders, on peut le comprendre, mais personne, ou presque, ne parle de ce qui va se passer à Copenhague au mois de décembre et de ce qui se passe déjà en coulisses avant le sommet. 
Cette...</description>
  <content:encoded><![CDATA[ <p>La presse parle beaucoup de la grippe, à juste titre&nbsp;; elle revient sans cesse sur les bonus des traders, on peut le comprendre, mais personne, ou presque, ne parle de ce qui va se passer à Copenhague au mois de décembre et de ce qui se passe déjà en coulisses avant le sommet. <br />
Cette conférence est pourtant capitale sur le plan géostratégique. De ce sommet naitront de nouvelles solidarités, de nouvelles fractures entre pays développés et en voie de développement. Il s’agit, ni plus ni moins, que de débattre des nouveaux enjeux de la sécurité dans le monde sous toutes ses formes, y compris énergétiques et alimentaires. Pour l’Europe, et pour la France en particulier, il s’agit d’enjeux critiques. Chinois et Américains, le G2 dont on ne parle qu’à mots couverts, négocient un nouveau partage du monde. <br />
Au Sommet de l’ONU sur le climat, les dirigeants du monde entier parviendront-ils à surmonter leurs divergences d’intérêts à court terme pour faire prévaloir l’intérêt général,  l’avenir climatique de l’humanité, et se mettre d’accord sur un projet politique mondial à la hauteur des enjeux que nous allons devoir affronter dans les décennies à venir&nbsp;? L’ultimatum climatique auquel l’humanité est confrontée est sérieux, personne ne le conteste plus. Le réchauffement de la planète est réel. L’activité humaine en est probablement en grande partie la cause si l’on en croit le constat de 2 500 scientifiques du monde entier qui ont reçu collectivement le Prix Nobel de la Paix en 2007 pour leurs travaux sur le phénomène des changements climatiques. Ecosystèmes déséquilibrés, hausse du niveau des océans, sont les premiers signes mais, sur le plan humain, la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau mettent en péril des centaines de millions de personnes qui n’auront d’autres solutions que l’exode, la migration, qui ne pourront aboutir qu’à des conflits, à des guerres, à un accroissement de la misère, de la pauvreté et à des souffrances humaines comparables à ce que le vingtième siècle a connu pour d’autres raisons. Est-il possible de stopper la croissance des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2015 avant de les faire décroitre&nbsp;? Pour cela, les pays industrialisés auront-ils la volonté politique de s’engager collectivement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990&nbsp;? Les pays en développement pourront-ils mettre en place des politiques industrielles, énergétiques et agricoles capables de limiter la croissance de leurs émissions avant de les réduire, sans compromettre leur légitime aspiration au développement économique et social&nbsp;? Les pays riches accepteront-ils d’aider financièrement les pays les plus pauvres&nbsp;? <br />
La responsabilité morale des pays les plus industrialisés est considérable. En 2012, le protocole de Kyoto arrivera à son terme. Pour prolonger et renforcer ce processus, un nouvel accord est indispensable. A la conférence de Copenhague, qui se tiendra du 7 au 18 décembre 2009, les chefs d’Etat et de gouvernement négocieront pour renouveler cet accord international sur le climat. Il s’agira pour la communauté internationale de s’entendre sur un nouveau «global deal ». C’est un rendez-vous vital pour la planète et pour l’avenir de l’humanité. Ces dirigeants en sont conscients et convaincus, ce qui n’était pas le cas à Kyoto. Le laisser-faire aurait de graves conséquences pour la vie sur la terre. <br />
Pour que Copenhague soit un succès, il faudrait que la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre atteigne 80 % en 2050. Concrètement cela signifie que les pays de l’Union européenne et les autres pays industrialisés doivent stopper totalement d’émettre des gaz à effet de serre pour 2050. Est-ce possible&nbsp;? C’est peu probable car les experts ne sont pas tous d’accord sur l’importance des mesures à mettre en œuvre, sur leur répartition entre le monde développé et le monde en développement, sur le financement des réductions des émissions dans les pays en développement et sur l’organisation de ces réductions au niveau mondial. Certains pensent qu’au-delà d’un certain “point de bascule” qui reste à déterminer, le réchauffement climatique pourrait échapper à tout contrôle en raison des effets liés aux rétroactions. <br />
Pour éviter cela, il est impératif de mettre en œuvre des politiques de l’environnement rigoureuses. Toutefois, ces politiques de l’environnement posent de sérieux problèmes d’équité. Le but de la Conférence de Copenhague consistera précisément à trouver des solutions. Ce sera très difficile tant les intérêts particuliers sont divergents. Les États-Unis ont un mode de vie gourmand en énergie. Barack Obama a probablement la volonté d’infléchir la politique américaine d’émissions de GES, mais l’opposition républicaine, on le voit pour la santé, sera vigoureuse. L’adoption d’un accord à Copenhague en décembre demanderait l’aval des deux tiers de la Chambre Haute. La barre est haute&nbsp;! La Chine, devenue le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre (GES) en 2007 observe l’attitude américaine avec beaucoup d’attention. Les émissions chinoises, qui représentent aujourd’hui un quart de celles de la planète pourraient doubler d’ici à 2030. Consciente de la nécessité de réorienter en profondeur son modèle énergétique, la Chine a entrepris de réels efforts afin d’asseoir son développement économique sur des bases durables. Ses premières initiatives ont cependant été en partie entravées par une croissance extraordinaire, qui a déjoué les prévisions et les objectifs fixés, et par la complexité d’un pouvoir centralisé. Pékin a l’intention de prendre une part active aux négociations mais avec la volonté de préserver sa croissance économique. La Chine a le souci de ne pas apparaitre comme le responsable dans l’éventualité où le sommet se terminerait par un échec. Si les propositions chinoise, américaine et européenne sont connues, des pays comme l’Inde, les pays de l’OPEP, la Russie, le Canada et le Brésil défendront des positions qui devront également être prises en compte. Pour les pays producteurs de pétrole, l’enjeu aussi est considérable. Il en est de même pour le Canada.  La déforestation et les intérêts agricoles du Brésil seront au cœur des discussions, comme ils l’ont déjà été à Bonn lors des conversations préparatoires. <br />
"Le temps presse", a prévenu Yvon de Boer, le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) dans la salle de conférence dominée par une horloge géante marquant le nombre de jours qui nous séparent du grand rendez-vous dans la capitale danoise. Le projet de texte comporte encore 200 pages&nbsp;; c’est beaucoup trop, à Bangkok, le 28 septembre, et à Barcelone, le 2 novembre, il faudra parvenir à un projet beaucoup plus court. Les spécialistes considèrent comme "hautement improbable" que le Congrès américain donne son accord sur les objectifs qui figurent dans le texte en discussion. <br />
L'ombre d'un échec plane donc sur la conférence de Copenhague. Les positions divergentes entre les pays pauvres et les pays les plus industrialisés constituent pour l’instant des obstacles insurmontables et le risque qu'aucun accord ne soit signé à Copenhague est réel. Les pays les plus riches estiment que chaque nation, y compris les pays en développement, doit s'engager à réduire les émissions de gaz à effet de serre et partager le fardeau. Or, les pays en développement réclament des aides pour qu'ils puissent s'adapter aux changements nécessaires pour réduire leurs émissions. Le sommet du G-20 en septembre à Pittsburgh (Etats-Unis) va également, sur ce point, être de la plus haute importance, de même que l'Assemblée Générale de l'ONU, le Forum des Economies Majeures qui parleront tous du climat. <br />
«&nbsp;Conclure à Copenhague est indispensable, chacun devra assumer ses responsabilités. C’est simple, tout retard dans l’action sera irrattrapable. Il n’y a pas de cession de rattrapage. Ce sera Copenhague en décembre, ou ça ne sera pas. Que ceux qui s’y opposent assument là aussi leurs responsabilités », a déclaré le Président de la République dans son discours du 26 août dernier devant les Ambassadeurs réunis à l’Elysée. On ne peut être plus clair&nbsp;!</p>]]></content:encoded>
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  <title>« L’énigmatique esprit des lieux »</title>
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  <dc:date>2009-08-10T23:58:30+02:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>michel desmoulin</dc:creator>
  <dc:subject>Coup de coeur</dc:subject>
  <description>"Composition française" de Mona Ozouf</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>"Composition française" de Mona Ozouf</p> <p>Le beau livre de Mona Ozouf&nbsp;: «&nbsp;Composition française » ( Gallimard - 17€50) offre au lecteur deux parties, l’une, est un retour sur son enfance bretonne, dans lequel elle plante le décor&nbsp;; l’autre, une réflexion très intéressante sur l’esprit national, jacobin, et le génie des peuples qui composent notre pays. L’exigence de l’universel est-il compatible avec les attachements particuliers&nbsp;? «&nbsp;Après des siècles de nivellement monarchique et de simplification républicaine, la cause n’est toujours pas entendue. » <br />
Mona Sohier, de son nom de jeune fille, raconte dans un style limpide, élégant, riche, précis, féminin, évidemment, donc passionné et sensible, les souvenirs qu’elle a conservés de son enfance, de sa famille, des relations tendues entre la religion, «&nbsp;qui défendait conjointement la foi et la Bretagne », l’école publique, la famille et la solide tradition bretonne. Elle avait participé, il y a quelques mois, à l’émission «&nbsp;Bibliothèque Médicis », qu’anime Jean-Pierre Elkabbach sur la Chaine parlementaire. Ayant vécu ma petite enfance dans les Côtes-du-Nord, j’avais envie de retrouver la place de la langue dans cette région, les expressions, l’odeur de l’école, les couleurs dans ces paysages souvent sauvages. <br />
Mona Ozouf restitue merveilleusement ce qu’était la Bretagne profonde au début du siècle dernier&nbsp;; ce qu’étaient les émotions, les petits plaisirs, la vie quotidienne, la condition des femmes, mais aussi la brume, le vent. Elle ne se contente pas de décrire, d’expliquer,  elle prend le lecteur par la main et lui fait partager  son enfance, ses doutes, les questions qu’elle se pose, ses chagrins et ses joies, à travers des anecdotes, des légendes, des aventures. <br />
Quiconque a, comme elle, beaucoup lu, est heureux de retrouver, au détour des pages, Jacques Thibault ou Lucien Leuwen, Renan, Chateaubriand ou Henry James «&nbsp;Guerre et Paix », mais aussi «&nbsp;Le Grand Meaulnes » auxquels elle se réfère pour préciser sa pensée. <br />
Mona Ozouf fit des études brillantes. Elle obtint, au Concours général, un premier prix de Lettres, puis de Philosophie. A l’Ecole Normale Supérieure, elle passa l’agrégation de philosophie et commença une carrière d’enseignante. Ce fut ensuite le CNRS et l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales où elle participa aux travaux du Centre de recherches politiques Raymond Aron. Elle épousa Jacques Ozouf, un brillant historien, ami d’Emmanuel Le Roy Ladurie, de Denis Richet, et de François Furet, qui l’intéressa à ses recherches.  <br />
Dans «&nbsp;Composition française », elle analyse le militantisme de son père, décédé alors qu’elle n’avait que quatre ans. La présence de cet homme, instituteur athée, individualiste libertaire, militant actif du Parti autonomiste breton, qui voulait «&nbsp;donner aux Bretons le sentiment de leur identité glorieuse et la fierté de leur appartenance », est constante tout au long de l’ouvrage. Sa bibliothèque, son bulletin militant «&nbsp;Ar Falz », les propos de sa mère, sont le fil de sa mémoire. Elle a retrouvé des expressions délicieuses comme&nbsp;: novembre et décembre étaient «&nbsp;le mois noir et le mois très noir », «&nbsp;les incapables, les encombrants, les indécis chroniques, les faiseurs d’embarras, étaient des «&nbsp;Jean-Jean ». <br />
Elle brosse un étonnant portrait du comte de Blois, le seigneur du village, «&nbsp;An Aotrou », le châtelain-maire, que l’on retrouvait encore, à cette époque, dans toutes les régions. On ne parlait de lui, dit-elle, «&nbsp;qu’avec un mélange de soumission, de peur, de considération. » <br />
Sur sa grand-mère, représentative de ces Bretonnes courageuses, elle se souvient qu’elle n’apparaissait jamais sans sa coiffe. «&nbsp;Quelle honte, si le facteur venait à la surprendre «&nbsp;en cheveux ». Son souci constant était la dignité. Sur les femmes, en général elle rappelle que&nbsp;: «&nbsp;Pour se marier, on allait au plus près, à la limite du degré prohibé, pas à plus de dix kilomètres…et, à chaque naissance, on faisait la folie d’acheter un litre de vin ». <br />
Elle raconte que, dans sa famille, on n’était pas tendre avec le folklore breton. «&nbsp;Il ne faisait pas bon d’aimer Botrel, chouan bêta, objet d’une aversion partagée. Les charges étaient furieuses contre les «&nbsp;botrelliseries » <br />
A la fin du livre, Mona Ozouf ébranle bien des certitudes avec le fruit de ses recherches sur le jacobinisme et le régionalisme. L’esprit jacobin écrit-elle, est «&nbsp;toujours réputé avoir sauvé la patrie, alors que la revendication régionaliste a dans notre histoire toujours été frappée de suspicion. » De même, constate-t-elle, «&nbsp;l’usage de la langue locale devient le signe, soit de l’inertie des superstitions, soit de la main des prêtres, soit de la mauvaise grâce opposée aux exigences de la défense nationale, soit même de l’intelligence avec l’ennemi. » <br />
La rencontre, dit-elle plus loin, «&nbsp;entre l’histoire de la Révolution et la géographie de l’Ancien Régime se révèle imprévisible. » Son raisonnement, à base d’interrogations et non de jugements, est d’une grande actualité en France et dans le monde. Il offre une grille de lecture des événements très précieuse puisque l’histoire bégaye sans cesse. <br />
Les révolutionnaires, mais peut-être aussi certains réformateurs, croient «&nbsp;pouvoir compter sur un peuple neuf, unanime et raisonnable, et ils se trouvent face à un très vieux peuple, irrationnel et divisé, qui leur oppose continûment son entêtement ou ses ruses. » <br />
Chacun d’entre nous peut écrire sa «&nbsp;composition française » avec ses souvenirs, ses origines, son histoire, ses lectures, ses contradictions&nbsp;! Il faut dire que toutes les raisons étaient réunies pour que j’aime ce livre&nbsp;: La Bretagne, la période de l’occupation, «&nbsp;le Petit bleu des Côtes-du-Nord » de Michel Geistdoerfer, les premiers Américains, Léon Gambetta, le Cadurcien, le Quercy, sous le charme duquel Jacques, décédé en 2006, et Mona Ozouf étaient tombés il y a de nombreuses années. Mona Ozouf y avait posé (et vidé) son baluchon. Enfin, cet autre Desmoulins «&nbsp;qui met une feuille de marronnier à son chapeau et grimpe sur une table au Palais-Royal pour haranguer la foule ». <br />
Oui, vraiment, tout y était.</p>]]></content:encoded>
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