lundi 18 mai 2009
Visite du cimetière américain de Colleville-sur-Mer.
Par michel desmoulin, lundi 18 mai 2009 à 23:56 :: Coup de coeur
« Connu seulement de Dieu »
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lundi 18 mai 2009
Par michel desmoulin, lundi 18 mai 2009 à 23:56 :: Coup de coeur
« Connu seulement de Dieu »
vendredi 08 mai 2009
Par michel desmoulin, vendredi 08 mai 2009 à 16:29 :: EDITORIAL
La crise économique et financière mondiale, d’une part, et le phénomène de pandemie que provoque la diffusion dans le monde entier du virus H1N1 ont de quoi troubler les habitants de la planète. Dans un cas comme dans l’autre, la vitesse à laquelle circule l’information, donne aujourd’hui à la communication, une puissance inouïe. Il faut s’en réjouir, même si réalité et virtualité se confondent souvent et engendre des conséquences qui ne sont pas toujours raisonnables et rationnelles.
La première constatation commune que l’on peut faire, c’est que dans ces deux formes de crise, c’est précisément le manque d’information et de réaction rapide qui avait provoqué la gravité de la crise de 1929, sur le plan économique, et celle de la grippe « espagnole » en 1918.
En 2008, la concertation des chefs d’Etat des vingt pays les plus puissants du monde et la coordination des plans de relance et des décisions monétaires, se sont faites très rapidement et sans drame avec un sens des responsabilités de la part de la communauté internationale, sans précédent.
Il avait fallu attendre 1932 pour qu’un minimum de concertation et de mesures s’exprime. En ce qui concerne le virus H1N1, toute comparaison avec la grippe dite « espagnole » serait sans fondement. En 1918, les pays touchés, à l’exception de l’Espagne, avait préféré taire l’existence de l’épidémie, en pleine guerre, pour ne pas miner le moral de la population. C’est précisément parce que l’Espagne, pays neutre, a admis être le premier pays européen touché que la grippe a pris le nom de « grippe espagnole ».
Faute de coordination et d’informations, l’Organisation mondiale de la Santé n’existait pas encore, faute d’antibiotiques et d’antiviraux, faute d’infrastructures sanitaires et d’hygiène dignes de ce nom, la pandémie a été en peu de temps la plus mortelle de l’histoire, plus grave encore que celle de la peste noire. L’Institut Pasteur a estimé à 30 millions le nombre de morts dans le monde. D’autres estimations plus récentes font état de près de 100 millions. Le nombre de malades aurait atteint le nombre d’un milliard, soit cinquante pour cent de la population mondiale de l’époque. En France, on estime à 408 000 le nombre de victimes au cours de l’hiver 1918-1919. La censure de guerre ayant limité l’écho de ce désastre qui s’ajoutait à celui d’une guerre monstrueuse.
Certains pensent qu’aujourd’hui les autorités « en font trop » tant sur la gravité de la crise économique que sur celle de la crise sanitaire. Instruits par les précédents de 1929 et de 1918, et disposant de moyens modernes d’information, les chefs d’Etat et de gouvernement ont aujourd’hui les moyens de réduire les effets de ces crises et de faire en sorte que la sortie de crise économique soit accélérée et que la grippe soit réduite à une grosse grippe même si elle devait toucher, en fin d’année, 20 ou 30% de la population.
Par michel desmoulin, vendredi 08 mai 2009 à 10:43 :: EDITORIAL
Le 15 novembre 1922, Paul Valéry prononçait une conférence à Zurich sur « l’esprit européen ». « Il existe, disait-il, une région du globe qui se distingue profondément de toutes les autres au point de vue humain. Dans l’ordre de la puissance et dans l’ordre de la connaissance précise, l’Europe pèse encore aujourd’hui beaucoup plus que le reste du globe. Je me trompe, ce n’est pas l’Europe qui l’emporte, c’est l’esprit européen dont l’Amérique est une création formidable. Partout où l’esprit européen domine, on voit apparaitre le maximum de travail, le maximum de rendement, le maximum d’ambition, le maximum de relations et d’échanges. Cet ensemble de maxima est Europe, ou image de l’Europe. D’autre part, les conditions de cette formation, et de cette inégalité étonnante, tiennent évidemment à la qualité des individus, à la qualité moyenne de l’Homo Europoeus. Il est remarquable que l’homme d’Europe n’est pas défini par la race, ni par sa langue, ni par les coutumes, mais par les désirs et par l’amplitude de la volonté. »
La volonté, c’est bien de cela qu’il s’agit. Le Président de la République, dans le discours qu’il a prononcé à Nîmes le 5 mai dernier, a appelé les Européens à un nouveau volontarisme européen. Il rappelé que les « Pères fondateurs » avaient cette volonté. Mais, a-t-il dit, « Pour que l’Europe veuille, il faut qu’elle cesse de se diluer dans un élargissement sans fin ». Il ne suffit pas d’une décision juridique et institutionnelle pour inculquer « l’esprit européen » cher à Paul Valéry.
Certes, nous ne sommes plus en 1922, il y a longtemps que la puissance de l’Europe ne domine plus le monde, mais ce n’est pas en l’élargissant au-delà de ses limites naturelles et en doublant sa population que « l’esprit européen » dominera à nouveau « sur le reste du globe ». C’est, au contraire, en renforçant la communauté de destin, en fortifiant la culture européenne que partagent des peuples qui ont vocation à s’unir davantage, pour, ensemble, lutter contre le réchauffement climatique, assurer leur sécurité, innover à l’égal des autres grandes puissances, défendre les droits de l’homme et des minorités, servir d’exemple au reste du monde. Si, sous prétexte de ne pas « être naïfs », ces peuples, et leurs gouvernants, devaient se montrer arrogants, agressifs, égoïstes, protectionnistes, il s’en suivrait des conflits, notamment aux frontières, qui ne feraient plus de l’Europe un exemple mais un problème.
Ce n’est pas ce que voulaient les « Pères fondateurs ». Il faut, au contraire, apporter une réponse, comme le souhaite le Président Sarkozy, « à la profonde crise intellectuelle et morale », que traverse le monde. « Remettre l’Europe en mouvement », ne doit pas être, non plus, confondre vitesse et précipitation.
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