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mercredi 31 janvier 2007

Jean-François Deniau - Mémoires de 7 vies.

« On ne meurt qu’une fois, dit-on. On se trompe. Je suis mort plusieurs fois. En Indochine, en Afghanistan, au Liban, et très naturellement à Paris. Deux fois, ma fin a été annoncée. Trois fois, je l’ai vue arriver, si près, à la toucher, que je comptais en secondes le temps qui me restait. L’ombre a passé son chemin.. »
C’est par ces mots que Jean-François Deniau avait commencé le premier tome de ses mémoires : « Les temps aventureux ». Il évoquait ensuite ce rêve qu’il avait formé de « créer une association sans président ni trésorier, sans inscription ni parrainage, dont les membres sauraient seulement qu’ils sont membres sans besoin de l’écrire ou de le dire : parce qu’ils sont là. Alors qu’ils ne devraient plus être là. Elle s’appellerait le « Cercle Chabert », du nom du colonel du roman de Balzac. » Jean-François Deniau est finalement mort le mercredi 24 janvier, à 78 ans, à l’issue de ses 7 vies, de l’ablation d’un poumon et d’un triple pontage coronarien. Ce risque-tout, politique, ancien ministre, diplomate, écrivain, navigateur, aventurier, négociateur du traité de Rome au cabinet de Maurice Faure, nous quitte peu de temps avant que l’Europe célèbre le cinquantenaire de ce traité.
La première fois que je l’ai rencontré, c’était en 1993, dans le salon d’honneur des Invalides, le jour où mon ami Jean-Pierre Mazery, mon prédécesseur à la présidence de l’association des auditeurs de l’IHEDN et le ministre de la Défense, François Léotard, lui remettait le prix Vauban pour l’ensemble de son œuvre. Quelques jours après mon élection à la présidence de cette association, au début de l’année 1998, j’ai eu la surprise et l’honneur d’être invité à l’Hôtel de Brienne pour la remise par Alain Richard, le nouveau ministre de la Défense, de sa Grand Croix de la Légion d’honneur. Nous étions peu nombreux dans le petit salon qui jouxte le bureau du ministre. Au milieu des principaux chefs militaires, Jean-François Deniau était en famille. Lui « qui haïssait les hypocrites et les empaillés, les pédants et les solennels », se sentait là parmi les siens.
Quelques mois plus tard, je remettais le prix Vauban au « Musée du Service de santé du Val de Grâce ». Pour rien au monde il n’aurait manqué cette réception. Je le revois devant moi, pendant mon discours. Par sa présence, il exprimait sa reconnaissance à ces médecins militaires et ne pouvait pas, sans doute, ne pas penser à ce qui c’était passé le soir de son élection à l’Académie française. Accompagné de Bertrand Poirot-Delpech, qui portait son sac, il était arrivé tard au Val de Grâce, après le dîner, pour être opéré le lendemain.
L’année suivante, alors que nous ne l’attendions pas, compte tenu de son état de santé, il est arrivé dans le salon d’honneur des Invalides, lentement, appuyé sur sa canne. Je remettais ce jour là, avec le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Crenn, le prix Vauban au colonel Emmanuel de Richoufftz, pour son livre : « Pour qui meurt-on ? »
Enfin, je me souviens que le jour où l’amiral Lefebvre, chef d’état-major de la marine, a quitté ses fonctions, Jean-François Deniau était assis devant une de ces magnifiques fenêtres qui donnent sur la Place de la Concorde. Les invités attendaient leur tour pour saluer l’homme aux 7 vies et écouter cet extraordinaire conteur parler de la mer et de ses aventures.
Bertrand Poirot-Delpech avait écrit « qu’il faudrait un terme encore plus noble que le courage pour cerner la force d’âme que Deniau a dû opposer, des années durant, au harcèlement des maladies et des traitements qu’elles appelaient ».

jeudi 25 janvier 2007

« Fouetté, le citoyen veut bien l’être. Mais il regarde aux baguettes. Il veut savoir dans quel bois on les a coupées. » - Alain

Ce « Propos » d’Alain, n’a pas pris une ride. Les certitudes d’un des principaux candidats à l’élection présidentielle et l’étonnante légèreté de la favorite des sondages commencent à inquiéter les Français à moins de trois mois de ce grand rendez-vous avec le peuple français. La progression de François Bayrou, en contre point, paraît moins étonnante. Il n’est pas le favori, ce qui, en France, est un avantage et parle plus juste de l’Etat et des préoccupations des Français. Sa grande culture lui interdit de sacrifier à la mode, à la pression des médias, aux vérités d’un jour, aux entourages, aux experts de toutes sortes. Il ne lit pas les discours des autres qui ressemblent souvent à ces films américains mal doublés, tant les propos tenus ne collent pas avec le personnage. Sans avoir la sagesse d’Alain, il sait que les gens confondent tout, se fâchent à propos de tout et n’essaient même plus d’y voir clair. Il sent que tout ce qui gêne les Français est injuste, qu’ils s’en prennent pêle-mêle à l’Etat, aux parlementaires, aux fonctionnaires et que chacun d’eux se sent en permanence visé. Le civisme, la pureté des mœurs ? Que l’Etat commence ! C’est l’Etat fraudeur et tracassier qui fait les fraudeurs et les révoltés…Bien sûr, les gens exagèrent, leur manière de généraliser est simpliste, mais Bayrou sent, jusqu’ici mieux que les autres, que si l’Etat, sa Justice, son Education, ses Finances ne redeviennent pas exemplaires, les réformes nécessaires et indispensables ne seront pas possibles.
Le civisme devrait être la chose la mieux partagé dans un pays comme le nôtre. Il n’est possible dans le peuple que s’il n’est pas absent des institutions et s’il anime en permanence les gouvernants, les parlementaires, les hauts fonctionnaires, les principaux chefs d’entreprises. Certes, on ne peut attendre, pour être juste, courageux et désintéressé, que tout le monde, du haut en bas de l’échelle, soit juste, courageux et désintéressé, mais on comprend que certains, voyant des élites se moquer des autres, s’enrichir de manière insolente et être peu regardant sur les moyens employés, en arrivent à se dire : « Pourquoi pas moi ? »
Jadis, à l’Ecole Primaire, il y avait des heures « d’éducation civique ». Les enfants y apprenaient, tout jeunes, ce qu’étaient la République, la Constitution, l’Administration du pays, les formes politiques de la démocratie et la nature juridique et morale de la souveraineté du peuple et des lois de la République. A coté de cette description, il y avait des « leçons de morale civique » qui font sourire aujourd’hui. Ce qui fait moins sourire, c’est que tout le monde sent bien ce qui manque aujourd’hui aux enfants de France dans un monde devenu si complexe et que personne ne leur explique. Il ne faut donc pas s’étonner qu’au lieu de bons « petits citoyens », on voit se développer la débrouillardise, qui, paraît-il, prouve l’intelligence mais qui conduit à la fraude permanente et au mépris pour ceux qui, scrupuleux, sont traités de « poires ». Il faut donc un sérieux coup de barre dans ce pays pour que les réformes puissent être entreprises.
En 1988, 1995 et 2002, l’élection présidentielle n’a pas été l’occasion d’un débat de qualité dont la France a besoin. Les Français sont de plus en plus préoccupés. Les sondages le montrent. Ils ne croient plus aux promesses jamais tenues. Les Français sont sur leur faim. Ils n’accepteront des réformes que si l’Etat montre l’exemple en étant économe de l’argent public, en étant plus efficace, plus généreux pour les plus défavorisés, mais seulement pour ceux là. Les Français sont conscients des efforts à entreprendre pour remettre les finances publiques en ordre et au service de la croissance économique. Ils savent qu’il faut restaurer le système d’éducation, favoriser la recherche, promouvoir la connaissance, mais ils vont, le jour de l’élection, voter pour celui (ou celle) chez qui ils auront senti la plus grande sincérité et la plus grande probité. Réformer le pays, c’est d’accord, mais que l’Etat, avec son nouveau chef, commence par montrer l’exemple.

dimanche 21 janvier 2007

Copier, c’est apprendre.

En Occident, ne pas respecter les droits de la propriété intellectuelle est considéré comme un vol. Ce n’est pas le cas en Chine et c’est un des litiges permanents entre ces deux cultures. Pourquoi est-ce mal de copier en Occident et pas en Chine. La question vaut la peine d’être posée à l’heure de la mondialisation. En chinois, le même mot (xue) signifie à la fois copier et apprendre. C’est une des raisons pour lesquelles le mot employé par les occidentaux en Chine est « fang zao », c’est-à-dire « contrefaire ». Copier n’est pas un délit, une faute, puisque apprendre ne l’est pas. Les Chinois ont compris que pour prendre toute leur place, et quelle place, dans la mondialisation, il fallait respecter les règles internationales. Ils ont donc adhéré à l’Organisation mondiale du commerce ( OMC), mais pour des raisons juridiques et non morales. Quand ils sont capables de copier avec un niveau de qualité proche de l’original, les Chinois considèrent qu’il ne peut y avoir tromperie puisqu’ils ont bien « appris ». Dans la lutte contre le sida, les exceptions faites à la propriété intellectuelle des laboratoires pour la fabrication de médicaments génériques, les ont renforcés dans l’idée que la règle pouvait avoir des exceptions. Les Chinois ont donc légiféré dans ce domaine, mais les lois ne sont pas appliquées parce que la population n’est pas encore prête à accepter cette évolution. Quand les Chinois auront leurs propres marques à protéger, ils comprendront sans doute mieux la différence qu’il y a entre « copier » et « apprendre ». Il faudra du temps.
Pour mettre un peu d’humour dans ce sujet sérieux, il est intéressant d’observer que les principaux candidats à l’élection présidentielle ont bien retenu la leçon à leur retour de Chine. Ils « copient » systématiquement les bonnes idées de leurs adversaires pour élargir leur base électorale et avoir une chance d’obtenir plus de 50% des voix au second tour. Il ne faut pas s’en étonner, car ils ont également retenu de leur voyage en Chine que la vérité, fille de la Raison, n’existe pas dans ce pays. Les chinois ignorent le caractère absolu de la vérité. Le chinois « laisse entendre », « évite de dire », « sous-entend ». L’expression « de deux choses, l’une », n’a aucun sens en Chine. Dans ce pays, tout ce qu’on dit est vrai, mais le contraire l’est aussi !
Avant de voter, il faudra aller faire un tour en Chine et, par ailleurs, conserver en mémoire ce que Tancrède dit au Prince Salina dans « Le Guépard » de Giuseppe Tomasi di Lampedusa : « Si nous voulons que tout continue, il faut que d’abord tout change »

mardi 09 janvier 2007

Le droit au logement

Je me souviens que le 1er février 1954, il faisait très froid. Ce jour-là, un enfant est mort de froid dans un bidonville de la région parisienne. Un religieux, ancien député, l’abbé Pierre Grouès, qui dirigeait la Communauté d’Emmaüs, avait lancé un appel au peuple de France, en faveur des mal-logés. Le ministre de la construction et du logement, Maurice Lemaire, après avoir suivi le cercueil de l’enfant jusqu’à sa dernière demeure, avait parcouru des cités illégales avec l’abbé et pris conscience du drame que vivaient ces pauvres gens. Les Français n’avaient pas encore la télévision mais l’opinion publique avait découvert l’ampleur de la crise du logement et son caractère dramatique. Les partis politiques, défavorables au début, récupèrent l’événement. Des lotissements sauvages, des logements provisoires, furent réalisés en hâte dans une anarchie totale « On est en train de fabriquer des taudis neufs pour remplacer les anciens. » disait mon père qui était alors directeur de la construction dans le département du Lot. Longtemps après, en janvier 1981, Pierre-André Périssol, futur ministre du logement qui était à cette époque directeur général du Groupe Arcade, avait organisé un débat sur l’habitat social autour de Michel Debré, candidat à l’élection présidentielle. Assis au premier rang, un journaliste du Monde que je connaissais bien, me glisse à l’oreille : « Je ne peux pas poser la question mais tu devrais demander à Debré ce qu’il pense du droit au logement. » Michel Debré, embarrassé, me répond qu’un droit au logement n’est pas concevable ; qu’il ne saurait être comparé au droit de propriété, au droit à l’éducation, au droit à la santé. Quelques mois plus tard, la loi Quillot du 22 juin 1982 stipulait que le « droit à l’habitat est un droit fondamental ».
Je ne peux oublier également que dans les derniers jours de 1994, entre Noël et le premier de l’an, il faisait froid, comme chaque année à cette période de l’année. Nous étions à quelques semaines de l’élection présidentielle. L’association « Droit au logement », le DAL, spécialiste de l’occupation par la force de bâtiments inhabités avait « ciblé » un ensemble d’immeubles particulièrement exposé entre la rue de Rennes et la rue du Dragon à Saint Germain des Prés. J’étais, depuis peu, directeur général de Cogedim et donc en première ligne dans cette pénible affaire qui tardait à obtenir son permis de construire. Jean-Baptiste Eyraud et Jean-Claude Amara, entourés de diverses personnalités politico-médiatiques telles que l’Abbé Pierre, Mgr Gaillot, le professeur Léon Schwartzenberg, Jacques Higelin,, Albert Jacquard, René Dumont, avaient installé dans les immeubles et l’ancien Cours Désir, une soixantaine de familles mal logés. Le Premier Ministre, Edouard Balladur avait évidemment refusé l’évacuation par la force publique au mépris du désordre causé et du respect du droit de propriété et, à quelques semaines de l’élection présidentielle, pris délibérément parti pour les occupants. Après avoir reçu l’abbé Pierre à Matignon, il avait mis sa voiture et son chauffeur à la disposition de l’abbé pour le reconduire en Normandie. Jacques Chirac, le maire de Paris, prenait lui aussi fait et cause pour les mal logés et, pour les mêmes raisons électorales, ne se montrait pas avare de déclarations plus blessantes les unes que les autres pour le propriétaire de l’immeuble qu’il connaissait pourtant particulièrement bien. Il faut ici rappeler que la politique de la France, en matière de logement, relève de la puissance publique, c’est-à-dire du gouvernement et non des personnes physiques ou morales. Peu importe, nécessité fait loi, le droit devra s’en accommoder ! Les lois ne sont faites pour être appliquées, surtout les lois de circonstances ; ce sont des décisions arbitraires qui ne reposent pas sur des idées, des réflexions, des anticipations, mais sont le plus souvent prises dans l’urgence, pour colmater des brèches, « poser des rustines », répondre à la nécessité.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, un jeune intermittent du spectacle, un comédien sans emploi mais non sans talent, Augustin Legrand, se fait, à la fin de l’année 2006, la tête qu’avait l’abbé Pierre en 1954 et monte, avec son association « Les enfants de Don Quichotte », un « coup médiatique », brûlant, en passant, la vedette aux vieux de la vieille du DAL. Quelques semaines avant l’élection présidentielle de 2007, l’opération ne pouvait pas ne pas réussir. Le Premier Ministre, le Président de la République, les ministres concernés et la plupart des candidats et hommes politiques, qui avaient oublié qu’à cette date les SDF font toujours parler d’eux, ont eu - mutatis mutandis – la même réaction que leurs prédécesseurs en 1954, en 1981, en 1995 sans parler des autres hivers. Faire du droit au logement, un droit opposable, à valeur constitutionnelle, promettre 27 000 logements aux occupants des tentes du canal Saint Martin, inscrire à l’ordre du jour de la prochaine session parlementaire un texte qui sera probablement bâclé et devra être, dans le calme, corrigé par le Conseil d’Etat, c’est bien, c’est facile mais ce n’est pas gouverner. « Gouverner, c’est prévoir », disait Pierre Mendès France ; en l’espèce, il était facile de prévoir que fin décembre, quelques semaines avant une importante échéance électorale, une opération de cette nature serait organisée. Il fallait donc ANTICIPER.
Le problème du logement des personnes défavorisées n’aura donc, en conclusion, été réglé ni par la quatrième République ni par la cinquième. Les bonnes intentions et les promesses n’ont pas manqué. Alors, faut-il croire avec Raymond Aron « qu’il faut se faire à l’idée qu’il y a des problèmes qui n’ont pas de solution. »

vendredi 05 janvier 2007

« Je n'ai jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipé ». Montesquieu

Je croyais cette citation de Montesquieu exacte ; elle ne l’est malheureusement qu’en partie, pendant quelques instants. Pour combattre l’anxiété qui m’envahit en permanence, depuis que mon fils est en réanimation à l’hôpital Raymond Poincaré, je revisite l’œuvre exceptionnelle de Balzac. J’ai trouvé un passage qui me semble particulièrement d’actualité après la période des vœux, des cadeaux, des attentions, des bonnes résolutions. Mardi, l’univers impitoyable dans lequel nous vivons sautait aux yeux. La bêtise au quotidien avait repris le dessus avec sa brutalité, sa suffisance, sa médiocrité. Bref, la comédie humaine avait repris son cours. Le lecteur mettra aisément un nom de collègue de travail, de voisin, de parent, d’homme politique du moment sur ce portrait que Balzac brosse du comte d’Aiglemont dans « La femme de trente ans ».
« Ne se rencontre-t-il pas beaucoup d’hommes dont la nullité profonde est un secret pour la plupart des gens qui le connaissent. Un haut rang, une illustre naissance, d’importantes fonctions, un certain vernis de politesse, une grande réserve dans la conduite, ou les prestiges de la fortune sont, pour eux, comme des gardes qui empêchent les critiques de pénétrer jusqu’à leur intime existence. Ces gens ressemblent aux rois dont la véritable taille, le caractère et les mœurs ne peuvent jamais être ni bien connus ni justement appréciés, parce qu’ils sont vus de trop loin ou de trop près. Ces personnages à mérite factice interrogent au lieu de parler, ont l’art de mettre les autres en scène pour éviter de poser devant eux ; puis, avec une heureuse adresse, ils tirent chacun par le fil de ses passions ou de ses intérêts, et se jouent ainsi des hommes qui leur sont réellement supérieurs, en font des marionnettes et les croient petits pour les avoir rabaissés jusqu’à eux. Ils obtiennent le triomphe naturel d’une pensée mesquine, mais fixe, sur la mobilité des grandes pensées. Aussi pour juger ces têtes vides, et peser leurs valeurs négatives, l’observateur doit-il posséder un esprit plus subtil que supérieur, plus de patience que de portée dans la vue, plus de finesse et de tact que d’élévation et de grandeur dans les idées. Néanmoins, quelque habileté que déploient ces usurpateurs en défendant leurs cotés faibles, il leur est bien difficile de tromper leurs femmes, leurs mères, leurs enfants, ou l’ami de la maison ; mais ces personnes leur gardent presque toujours le secret sur une chose qui touche, en quelque sorte, à l’honneur commun ; et souvent même elles les aident à en imposer au monde. Si, grâce à ces conspirateurs domestiques, beaucoup de niais passent pour des hommes supérieurs, ils compensent le nombre d’hommes supérieurs qui passent pour des niais, en sorte que l’Etat Social a toujours la même masse de capacités apparentes. »
Je dois ajouter que depuis la Restauration, ce portrait vaut aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Enfin, peut-être pas encore tout à fait !