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mardi 27 juin 2006

“ If you can meet with triumph and disaster and treat those two impostors just the same”-

A Wimbledon, les joueurs qui sortent des vestiaires pour entrer sur le court central, ne peuvent pas ne pas lire, en gros caractères, ce passage du célèbre poème de Rudyard Kipling « Tu seras un homme mon fils » écrit en 1910 pour son fils John âgé de 12 ans. La meilleure traduction a été donnée en 1918 par André Maurois : « Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite et recevoir ces deux menteurs d'un même front ». Les sportifs le traduisent souvent plus simplement par : « La victoire, la défaite, ces deux menteurs. »
Les dirigeants de la fédération internationale de football auraient été bien inspirés d’inscrire ce passage du poème à la sortie des vestiaires des stades allemands dans lesquels se déroulent les matches de la coupe du monde. C’est vrai pour les joueurs néerlandais et portugais qui ont offert avant hier soir un spectacle déplorable, mais c’est vrai aussi pour les joueurs anglais toujours prêts à demander aux autres de faire preuve de fair-play.
Le football, est apparu dit-on dans les collèges anglais en 1849 et en France, dans la ville du Havre où résidaient de nombreux anglais, en 1872. Depuis, on pratique ce sport dans le monde entier et cette forme de nationalisme passionne la planète tous les quatre ans.
En 1953, alors que j’avais à peine 17 ans, je jouais dans un club de promotion d’honneur dont le stade avait la particularité d’être situé au pied d’une usine de ciment Lafarge à La Couronne, à quelques kilomètres au sud d’Angoulême. L’herbe, car ce n’était pas une pelouse, était blanche tout au long de l’année. L’hiver, quand il pleuvait, nous avions l’impression de jouer sur du ciment liquide. Ce sport et l’usine étaient les seules activités de cette petite commune dans laquelle il ne se passait rien. La télévision n’existait pas. En bordure de la nationale 10, on se levait tôt, une fois par an, pour voir passer la course de vélo Bordeaux-Paris. Le bistrot, siège de l’Entente Sportive de La Couronne, était avec le stade les seuls lieux de distraction et d’amusement. Le dimanche après midi une grande partie de la population se réunissait par tous les temps, dans des tribunes qui n’étaient pas encore couvertes, pour encourager ses représentants.
Quand je regarde aujourd’hui les matches de la coupe du monde à la télévision, je mesure à quel point ce sport – et le monde - ont changé en cinquante ans. A La Couronne aussi tout a changé. Le stade n’est plus au pied de l’usine qui a fait de gros progrès pour ne pas polluer. Les habitants regardent la coupe du monde à la télévision comme on peut le faire dans plus de 200 pays.
Les chefs d’Etat, à l’exception de Georges W Bush qui se vante de n’avoir jamais vu un match de foot, se croient obligés d’être les premiers supporters de leurs pays. Il n’a échappé à personne que le meilleur moment – et sans doute le plus sincère - de l’intervention de Jacques Chirac hier soir sur France 2 était à la fin quand il a exhorté les Français à encourager leur équipe. Ce devoir d’optimisme avait quelque chose de pathétique après les propos laborieux qu’il venait de tenir sur les succès de son gouvernement. Le célèbre mot de Jean Dutourd me revenait en mémoire : « La France est le seul pays où tout revers a sa médaille ! »
Ce soir la France affronte une Espagne plus fière que jamais, à l’image de sa puissance économique recouvrée. Ce choc entre la jeune Espagne dynamique et notre vieux pays qui rame pour ralentir le retard qu’il ne cesse de prendre, dépasse largement l’enjeu d’une place en quart de finale. Espérons cependant que ces deux pays montrent l’exemple et que l’esprit de Rudyard Kipling préside à la rencontre. Tu seras un homme, mon fils.

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,

Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties

Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,

Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,

Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles

Travesties par des gueux pour exciter des sots,

Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles

Sans mentir toi-même d'un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,

Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,

Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,

Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,

Penser sans n'être qu'un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,

Si tu peux être brave et jamais imprudent,

Si tu sais être bon, si tu sais être sage,

Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite

Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Seront à tous jamais tes esclaves soumis,

Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire

Tu seras un homme, mon fils.

mardi 13 juin 2006

Le 16 juin 1982 à Bilbao

Je me souviens que le 16 juin 1982, à Bilbao, la France avait complètement manqué son premier match de Coupe du monde contre l’Angleterre. Il faisait ce jour là une chaleur épouvantable dans la capitale de la Biscaye. Le Journal du dimanche avait affrété un avion pour inviter un certain nombre de personnalités à assister à ce premier match. Nous avions déjeuné dans une très belle auberge à une vingtaine de kilomètres de Bilbao. Je me souviens que pour tuer le temps après le repas, nous bavardions par petits groupes dans le parc. A un moment donné, Etienne Mougeotte, entouré de Jean Luc Lagardère, Yves Sabouret et quelques autres, nous avaient dit : « Ne vous retournez pas, je vais vous commenter la scène ! » J’entends encore nos rires quand Etienne Mougeotte nous a décrit avec talent et précision le spectacle qui se déroulait sous ses yeux ébahis. Merlin, le promoteur immobilier, qui sévissait à l’époque sur les côtes de France, était, en chemise et bretelles, en train de vider sa vessie devant un bosquet de ce magnifique parc, au vu et au su de tous les invités, comme il avait sans doute coutume de le faire en pareille circonstance. C’était un client important du Journal du dimanche. Je ris encore en écrivant ce billet.
En arrivant au stade de San Mames, la célèbre « cathédrale » où joue habituellement l’Athletico de Bilbao, la chaleur était insupportable. Nous n’avons pas ri longtemps. A la première minute de jeu, l’Anglais Bryan Robson « fusillait » le gardien de but français Ettori. Nous étions venus confiants, assister à la première victoire le l’équipe de France qui s’était soigneusement préparée à Font-Romeu, au lycée climatique dirigé par mon condisciple au lycée d'Angoulême, Jean Férignac, longtemps gardien de but et capitaine de l’équipe de France de handball, qui en était le proviseur. Nous étions consternés. Les Français ont perdu ce jour-là par 3 buts à 1 mais on connaît la suite, trois semaines plus tard ils étaient en demi-finale contre l’Allemagne. J’écris ce billet quelques minutes avant le match France - Suisse avec la conviction que si notre équipe a de la valeur, elle peut aller loin dans la compétition, même si elle perd ce soir.

vendredi 09 juin 2006

La gazelle et les éléphants de Monsieur Loyal

Il y a une certaine similitude entre ce qui se passe à Roland Garros et la compétition qui fait rage au parti socialiste. Comme chaque année, un joueur, ou une joueuse, émerge au fil des matches. Par la puissance de son coup droit ou de son service ; par le rythme qu’il impose à son adversaire ; par ses amortis ou ses contre-pieds, il surprend et pousse ses adversaires à la faute. Cependant, dans la plupart des cas, et c’est ce qui va se passer cette année, au bout de la quinzaine, ce sont les favoris qui s’opposent en finale.
Au parti socialiste, vous l’avez compris, on en est encore aux premiers tours de la compétition. Ségolène Royal surprend, agresse, impose un rythme de campagne et agace profondément ses compétiteurs qui tombent dans tous les pièges et, le plus souvent, la colère étant mauvaise conseillère, parlent avant d’avoir réfléchi.». Il est un peu facile de reprocher à Ségolène Royal de faire du populisme alors que plus de 60% des Français interrogés répondent qu’elle a raison quand elle se prononce pour « un ordre juste » et le placement des jeunes délinquants dans « des établissements à dimension militaire ».
Les passing shot de ses adversaires au parti socialiste sont faibles et inefficaces : « On a un Sarkozy dans le pays, ce n’est pas la peine d’en avoir deux » ; « il ne faut pas se mettre sur des terrains qui ne sont pas les nôtres » ; « c’est le bal des vanités » ; « la vestale de l’opinion publique". Inutile de citer les noms des auteurs de ces brillantes formules.
Ségolène Royal aime l’ordre et la discipline. C’est son droit. Fille et sœur de militaire, elle connaît les vertus et la probité de ces hommes – et de ces femmes – qui ne font plus la guerre, en dehors des opérations extérieures, mais conservent une éthique et des traditions qui font honneur à la France. Ségolène Royal avait dans son Cabinet, à l’Education nationale, un conseiller, ami de son père, le général Mignot qui était de bon conseil. Je le connais bien et j’ai pour lui beaucoup d’estime. Si je me souviens bien, les relations de Ségolène Royal avec Claude Allègre n’étaient pas très bonnes. Responsable, à l’époque, de la coordination des Trinômes académiques, une collaboration intelligente entre le ministère de l’Education nationale, le ministère de la Défense et l’Institut des Hautes études de défense nationale pour former les enseignants aux questions de défense, j’ai le souvenir d’avoir agacé Lionel Jospin, lors d’une audience à Matignon. Il supportait difficilement que l’on critique son ami Claude Allègre qui ne croyait pas beaucoup aux actions de cette nature.
François Hollande, habilement, il faut le reconnaître, a fait adopter le projet socialiste par une synthèse dont le parti a le secret. L’annonce fut d’ailleurs stupéfiante : « Le projet a été adopté à l’unanimité moins trois voix. » Cà ne s’invente pas ; l’unanimité moins trois voix, ce n’est pas l’unanimité. Encore une fois, les mots n’ont plus de sens. Le projet socialiste a retenu le principe d’un service civique obligatoire. C’est courageux, car la majorité actuelle, malgré la pression de l’opinion publique, la pétition du journal « La vie », qui a réuni 10 000 citoyens et 441 parlementaires, l’initiative du général de Richoufftz – le général des banlieues - dont j’ai déjà parlée, ne sait pas par quel bout prendre le problème. Comment peut-on encore hésiter et tergiverser sur les moyens à employer pour construire et éduquer des jeunes « sauvageons » qui n’ont aucun repère, n’ont reçu aucune éducation et mettent la Société en danger. Le mot « militaire » fait peur pour des raisons historiques. De quoi s’agit-il ? De mettre en application, sans contestation possible, des règles de vie et d’hygiène morale et physique, qui ont fait leur preuve. Se lever de bonne heure ; manger à heures fixes ; respecter des horaires, des règles de vie en commun ; accomplir des travaux, des missions et rendre compte ; être habillé correctement ; obéir à des ordres. Ce n’est pas parce que l’armée a réussi à préserver des règles de vie en commun, qui disparaissent partout ailleurs, qu’il faut en faire un tabou dont on a même pas le droit de prononcer le nom. Dans la plupart des associations sportives, les règles sont les mêmes. C’est la recette de la réussite. Elles sont d’ailleurs communes au sport et à l’armée et remontent à la méthode Hébert qui date du début du siècle dernier.
Cà suffit, les Français en ont assez. Les sondages, que les éléphants du parti socialiste feraient bien d’analyser avec moins de mépris, expriment clairement une demande urgente que soit enfin sifflée la fin de la récréation dans notre pays. Le tropisme qui consiste à privilégier les demandes utopiques de Olivier Besancenot plutôt que celles raisonnables de la majorité des Français ne mènent à rien.
Pour revenir à la similitude avec les Internationaux de France qui se déroulent à Roland Garros, il y a gros à parier, qu’à la fin de l’année, un des chefs historiques du parti socialiste – Fabius ou Jospin – sera choisi pour promettre aux Français que le projet socialiste sera appliqué ! Des engagements qui, selon la formule consacrée, n’engagent que ceux qui les écoutent. Réponse dans quelques mois, mais contrairement à ce qui se passe dans le sport, il n’est pas certain que l’incertitude soit glorieuse.

lundi 05 juin 2006

"C’était bien"

Si vous aimez Venise ; si vous n’avez pas regardé, samedi ou aujourd’hui sur France 5, « Venise vue par Jean D’Ormesson », alors je vous conseille de vous procurer le DVD qui est en vente.
En marchant, ou à bord d’un vaporetto, Jean d’Ormesson parcoure la lagune en expliquant sa passion pour la cité des Doges. Pour se défendre de son enthousiasme, il concède qu’il y a beaucoup de choses qu’il n’aime pas ; les masques, la verroterie et le carnaval « qu’il déteste ». Sur un fond de musique admirable que personne ne parvient à référencer, il explique que « Venise est un lieu ou règne la beauté ».
Il confie qu’il aime particulièrement y arriver, il est alors envahi par « quelque chose qui ressemble à l’amour ». Il aime écrire et se promener dans « son royaume personnel », une partie de la ville, loin du tourisme et de la place Saint Marc. Ici, dit-il, « je suis chez moi ». Il nous fait partager ses promenades. Il nous montre un campo qu’il aime plus que tout autre et la petite maison rouge dans laquelle il a écrit le « Rapport Gabriel ». Il se laisse aller à parler de lui, de ses souvenirs, mais prévient que s’il parle beaucoup, « ce n’est pas pour dire des choses, mais pour en cacher ».
Si vous craignez le choc des civilisations, vous découvrirez que Venise est le symbole de la défense contre les menaces. L’Orient et l’Occident n’ont cessé de s’y affronter dans la passion et le sang. Avant de commenter l’art qui fait de cette ville, le plus beau musée du monde, Jean d’Ormesson explique que « l’art du roman, c’est inventer avec des souvenirs. Venise, par le calme qui peut y régner, favorise cette chimie ».
Philosophe, il rappelle que l’homme n’est pas là pour toujours, le soleil non plus. Ce merveilleux conteur assure ses transitions par quelques anecdotes délicieuses. Sur la fin du monde, il raconte qu’un jour une jeune fille qui assistait à une conférence sur le sujet s’est évanouie en entendant le conférencier affirmer que le soleil n’en avait plus que pour 5 milliards d’années. On s’affaire, elle reprend ses esprits, explique que cette perspective, dans 5 millions d’années, l’a effrayée. On la rassure, ce n’est pas dans 5 millions d’années mais dans 5 milliards. Ah, bon, j’avais entendu 5 millions !
Jean d’Ormesson donne quelques conseils. « Il ne faut pas s’épuiser à tout voir ; il faut laisser le bonheur venir à soi. » « Il y a une multitude d’églises, presque autant que de ponts. Dieu est aussi présent que l’art. Venise symbolise l’ordre du monde ; un ordre du monde ouvert aux influences de ceux qu’elle combattait ». « Dieu règne sur la tolérance, c’est la raison pour laquelle Venise m’est si chère ! » Le commentaire qu’il fait des innombrables œuvres réunies dans la ville est très intéressant. Il décrit admirablement les tableaux qu’il aime. Dans l’église de la Madonna dell’ Orto que j’avais visitée au mois de septembre dernier, il aide le visiteur à comprendre chaque tableau, chaque détail. Il s’attarde sur le petit chien éclairé par un rai de lumière dans le tableau qui représente Saint Jérôme, le patron des traducteurs.
Arrivé au terme de la visite, Jean d’Ormesson nous dit : « Venise nous apprend que la mort n’a pas le dernier mot. Ce qui a le dernier mot, c’est le souvenir, la création, le rêve, l’espérance. » Conscient que sa vie est maintenant en grande partie derrière lui, il termine en disant : « Venise, c’était bien et ce que j’ai connu de ce monde, c’était bien. » Je vous conseille de voir et revoir ces 52 minutes de bonheur. C’était bien.

jeudi 01 juin 2006

La classe moyenne disparaît . C’est un risque pour la démocratie.

Petit-déjeuner, mardi matin, avec Henri de Castries, président du Directoire du Groupe AXA. Ce brillant HEC – ENA, qui a quitté la Fonction publique en 1989 pour entrer chez AXA fait une analyse lucide de la situation de la France qui mériterait d’être connue du grand public. Pour lui, la révolution technologique, la fin de l’opposition des blocs USA – URSS, la globalisation et la libération des mouvements de capitaux ont complètement changé la donne dans le monde à un point dont une grande partie des Français n’a pas encore pris conscience. La croissance des services et des échanges de services est respectivement de 10 et 30% par an dans le monde alors que la croissance économique mondiale est de l’ordre de 5% par an. C’est une explosion des services qui représente maintenant 60% de l’économie. Le coût du travail ne cesse de baisser et la qualité d’augmenter notamment dans les pays émergents. En dehors des commerciaux et des fonctions de proximité, nombreux sont les emplois qui sont délocalisables. C’est en Inde et au Maroc qu’AXA délocalise des emplois qui seront bientôt au nombre de 10 000. Il affirme que dans la seule ville de Shanghai, l’équivalent de trois promotions de Polytechnique est formé chaque année à un niveau identique. Il déplore qu’en France on persiste à faire les mauvais choix. « On peut aimer ou ne pas aimer le système économique mondial dans lequel nous vivons, mais il s’impose à nous, il faut donc nous y adapter. On augmente sans cesse la fonction publique et la richesse non marchande alors que c’est le contraire qu’il faut faire. On donne des leçons au monde entier alors que nous ne sommes plus un modèle. L’Etat ne met pas les priorités où il faudrait. On subventionne sans cesse les « canards boiteux » et les prélèvements très élevés servent à financer ce qu’il faudrait reconvertir. Dans le même temps, le budget de l’enseignement supérieur est inférieur aux exonérations sur les 35h. La réduction de la durée du travail et la hausse du SMIC ont « plombé » le coût du travail en France. Avant, les jeunes ne voulaient pas s’expatrier. Ils étaient mieux en France. Aujourd’hui, ils ne veulent pas revenir. Les entreprises françaises vont bien, dans l’ensemble, mais elles sont de moins en moins françaises. La classe moyenne risque de disparaître ; ce serait un risque réel pour la démocratie. » Il manie l’ironie et se montre néanmoins optimiste en disant que la France se remet toujours de ses erreurs. « Après chaque désastre, nous créons une grande école qui prépare le suivant….(X après l’Empire – Normale Sup après la Révolution et l’ENA après la guerre 39 – 45). Il faut donc avoir le courage de dire la vérité aux Français. » Sur l’Europe, qui est déjà faite pour les entreprises ; sur l’admission de la Turquie, qui pourrait se rapprocher de l’Iran avec les conséquences dramatiques qui suivraient. Sur l’Euro, qui cache actuellement des manipulations de chiffres qui apparaîtront avant 5 ans si les politiques économiques ne sont pas harmonisées.
Sur les solutions à apporter pour arrêter cette dérive, il propose : 1er – que le budget de l’Etat soit bloqué (Pas un euro de plus pendant plusieurs années). 2ème – Que l’éducation forme aux futurs emplois, ce qui n’est pas le cas. 3ème – décider la liberté de candidature au 1er tour des élections au comité d’entreprise. 4ème – Obliger les politiques à quitter définitivement la Fonction publique quand ils sont élus.
Certes, ce sont des propos de chef d’entreprise, parmi les plus grandes. Certes, un conseil d’administration ou une assemblée générale d’actionnaires n’ont rien à voir avec le peuple français. Mais c’est aussi et surtout, un homme qui passe une partie de son temps à l’étranger, voit la France de loin et ressent beaucoup de tristesse quand il constate qu’elle se marginalise à vive allure.