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lundi 28 novembre 2005

L'utopie a de l'avenir...

« Nous traversons une crise du civisme. L’école est devenue un commerce de la connaissance. Elle a peu à peu abandonné son but premier qui est la formation de l’esprit. » C’est en ces termes que Jacqueline de Romilly a ouvert l’assemblée générale de « L’ELAN NOUVEAU DES CITOYENS » qui se tenait samedi dernier à l’Ecole normale supérieure, rue d’Ulm. C’est une association que nous avons créée il y a cinq ou six ans à l’initiative d’un jeune médecin urgentiste : Philippe Rodet. Il avait réuni autour de lui des personnalités très diverses qui avaient en commun le sens de l’intérêt général …et de l’utopie. Jean-Loup Chrétien, le premier spationaute français, Jacqueline de Romilly, de l’Académie française, Marcel Boiteux, président d’honneur d’EDF et de l’Institut Pasteur, Pierre Marion, ancien patron de la DGSE, Gérard Caron, designer, Antoine Burin des Roziers et quelques autres.... Sollicité, j’avais donné mon accord, sans grande illusion sur les résultats concrets que ce petit laboratoire d’idées - un de plus - pouvait obtenir. C’était mal connaître la puissance de travail et de conviction de notre « french doctor ». L’association, comme on peut le voir en cliquant sur les liens référencés sous la rubrique « civisme », ne s’est pas contentée de rédiger des rapports et de faire avancer des idées dans les domaines de l’économie, la défense, l’éducation, l’Europe, l’environnement, la famille, l’immigration, etc (les rapports sont disponibles sur le site)… elle a surtout, en peu de temps, mis en œuvre des actions concrètes, des actions de terrain, qui commencent à enregistrer des résultats très encourageants dans le domaine du civisme et de la cohésion sociale. Samedi, la neige tombait à gros flocons sur Paris. Ce n’était pas arrivé au mois de novembre, depuis douze ans. Il fallait déjà beaucoup d’esprit civique pour sortir de chez soi et se rendre rue d’Ulm. Des représentants de toutes les régions avaient fait le déplacement ; des jeunes, des moins jeunes, heureux de se retrouver dans ce temple de l’intelligence pour écouter les orateurs rendre compte de leurs actions et, surtout, exprimer leur optimisme. Tous étaient convaincus, comme Jacqueline de Romilly, que les évènements récents, dans les banlieues, étaient l’occasion d’une prise de conscience et d’un renouveau de l’amour du bien commun. L’Elan nouveau des citoyens reçoit des encouragements qui stimulent les énergies. Le lancement, le 10 novembre, de « Fraternité, j’écris ton nom…. » dans une petite commune de l’est, à Cirey sur Vezouze, a eu un succès considérable. 450 personnes étaient présentes. De nombreux médias nationaux et régionaux ont couvert l’événement. Les initiatives prises localement, par de petits groupes motivés, se multiplient. Les fondateurs, en quittant l’Ecole normale supérieure, se félicitaient d’avoir donné naissance à une association qui se développe bien au-delà de ce qu’ils avaient imaginé dans leurs rêves les plus fous. L’utopie a de l’avenir…………

samedi 26 novembre 2005

Le Doisneau de Cahors

Comme Doisneau – ils avaient le même âge – Léon Bouzerand a photographié la rue, avec talent, humour et un goût prononcé pour l’anecdote. A Cahors, où il a passé toute sa vie en dehors de son séjour à la célèbre école de photographie de la rue de Vaugirard, qui a formé tant de grands photographes, tout le monde l’appelle Toto. Muni de son Rolleiflex, il a, pendant près de quarante ans, saisi des scènes de la vie quotidienne dans cette merveilleuse petite préfecture du Quercy. Ces clichés, si on laisse aller son imagination, restituent, avec beaucoup de poésie et de tendresse, l’histoire de cette ville attachante. Les boutiques ont changé, les immeubles, les métiers aussi ; son œuvre, des milliers de photos, constitue la mémoire de cette ville au siècle dernier. Les « anciens » ne se lassent pas de regarder ces photos avec nostalgie. Les touristes et les habitants de fraîche date découvrent avec intérêt - parfois même avec passion - ce petit coin de la douce France au temps de la quatrième République.. Léon Bouzerand, moins connu que Doisneau, - Cahors n’est pas Paris - a laissé, après son décès, le 18 novembre 1972, une œuvre qui mériterait d’être mieux connue et surtout reconnue.

lundi 21 novembre 2005

Je me souviens...

Je me souviens que la troupe de Françis Huster avait interprété le Cid au Festival de Ramatuelle au mois d’août 1993. Dans le théâtre Gérard Philipe, ce fut un événement. Son interprétation de Rodrigue était flamboyante. Elle était fidèle à la création de la pièce par Jean Vilar, en 1951, au Théâtre national populaire. La soirée fut grandiose. Quelques instants avant qu’elle débute, mon ami Pierre Huth, le dentiste des célébrités, grand ami de Françis Huster, muni de son appareil photo, avait conduit ma fille Laure dans les coulisses pour la présenter au successeur de Gérard Philipe. La Comédie-Française, qui n’avait pas mis cette pièce à son programme depuis vingt-cinq ans, vient de la reprendre. Alexandre Pavloff (Rodrigue) a, paraît-il, une interprétation plus modeste, plus mélancolique. C’est sans doute un signe des temps. Cette pièce de Corneille, jouée pour la première fois en 1637, était alors de circonstance. Sa puissance, les messages qu’elle délivre, le conflit des générations, ne cessent de répondre aux attentes des Français qui aiment les tragédies politiques.

dimanche 20 novembre 2005

Dans les banlieues, après les mots, les solutions

Tout a été dit et écrit depuis trois semaines sur les incendiaires de banlieue. Jacques Chirac « diagnostique » une crise d’identité. D’autres une crise morale. Les médecins spécialisés considèrent que ce ne sont pas les parents qui démissionnent, mais tout simplement qu’ils n’y arrivent pas. Il faut donc les aider à rompre le bras de fer permanent et casser la « loi du plus fort . Tout cela est vrai et intelligemment exprimé mais où sont les solutions ? Cette révolte a sauvé le congrès du parti socialiste. C’est déjà çà…..Chez nos voisins, en Allemagne notamment, il y a de nombreuses initiatives locales, communales qui donnent des résultats et permettent au « melting pot » de mieux fonctionner. En France aussi, mais elles ne sont pas suffisamment encouragées. Je vais prendre deux exemples que je connais pour des raisons diverses et personnelles. En 1992, avec des sportifs de haut niveau, directeurs techniques nationaux de leur fédération pour la plupart, j’ai participé à la fondation du Rassemblement par le sport – le RPS – imaginé et présidé par Joël Bouzou, ancien champion du monde de pentathlon moderne. Cette association met en place des programmes d’insertion des jeunes dans des clubs sportifs en finançant une partie du coût de la licence que ces jeunes ne pourraient pas payer. Elle organise régulièrement des opérations « champions dans la rue » et remet chaque année des trophées Valeurs-Sport à des jeunes de banlieue qui, par leur participation et leurs valeurs morales, ont montré l’exemple. Pour dire les choses simplement, l’Etat, les collectivités territoriales et les entreprises, qui devraient encourager ces initiatives qui donnent aux jeunes le sens des règles à respecter, le respect des autres, le goût de l’effort, l’esprit d’équipe, ne le font pas comme il faudrait le faire. Ils « saupoudrent » les subventions sans tenir compte des objectifs et des résultats. Cette association, qui exporte son savoir-faire, pourrait faire beaucoup plus. Ce ne sont pas les bénévoles qui manquent, ce sont les moyens financiers. Autre exemple : En 1999, j’ai remis le prix Vauban au colonel Emmanuel de Richoufftz pour son livre « Pour qui meurt-on ». L’institution militaire – la grande Muette – n’aimait pas beaucoup que des militaires en activité écrivent. Mais, les temps ont changé, sa hiérarchie avait officiellement apprécié alors le choix du jury. Le colonel de Richoufftz, qui a servi sur presque tous les théâtres d’opérations, est aujourd’hui général, adjoint au Gouverneur militaire de Paris. Ce grand soldat, légionnaire, a écrit sur le problème des banlieues un livre intitulé « Encore une guerre de retard ». Son franc-parler n’est pas toujours apprécié. Il ne s’est pas contenté d’écrire, il a pris des initiatives sur le terrain. Il a « mouillé sa chemise » avec le soutien de sa hiérarchie. En a t-il trop fait…au 20 h sur TF1, au journal Le Monde, auquel il a déclaré : « On m’a dit de m’arrêter, je m’arrête. C’est un ordre ». Toujours est-il que ces initiatives vont prendre fin. C’est pourtant dans cette voie que des solutions devront être trouvées.

lundi 14 novembre 2005

Fébrilité

Quand Jean-Marie Colombani "défait" le Monde...

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